Radius System : Work in progress À l'origine rock à tendance corrosive, louchant de manière indissociable vers l'électronique, Work in progress, troisième démo de Radius System saute le pas vers un rock plus agressif, plus grossier, plus humain, un truc qui prend aux trippes quoi... Visions sonores vastes et métalliques par moments, entre un Deftones édulcoré, avec une rage intrinsèque sur un poignant "Comalys", lacérant côté post-hardcore, chant aérien, guitares denses, et des disgressions Cave Iniques sur "Alone of pretending", suitements de guitares, basse saturée, progression géométrique, bends décalcomaniques, le tout en version lente.
Marion a rejoint le groupe, tout du moins pour ses prestations live et certaines répétitions, et permet au groupe de restituer sur scène une partie de l'énergie du studio, avec des musiciens qui tournent sur différents instruments. Greg, pillier principal du groupe, décrit Radius System plus comme une association de créatifs que comme un groupe de musiciens (sous-entendu professionels). Pas besoin d'être un génie pour pondre un OVNI sonore comme "Washed out", juste une bonne dose d'idées que Radius System sait exploiter comme il faut, étincelles acoustiques, atmosphère sismique, montagnes russes temporelles, la mécanique céleste sursaute d'autant plus sur les passages luminiques. Après "Visions collapse", "Further collapse" égraine ces arpèges dissonants, sans la rudesse de Buried Inside, mais avec la délicatesse d'un Radiohead.
Radius System c'est l'endroit des trucs fait avec passion et amour, des tripes, du rock'n'roll, du sang et de la sueur, de la langueur de "Further collapse" jusqu'aux missiles "Excitement of the senses" ou "Comalys" (au titre excellent et ingénieux), un air de fait maison qui n'a rien à envier aux poids lourds au niveau des idées et de leur mise en place.
Avec un aspect plus brut et instantané, surement du à la légèreté de présences de samples, Work in progress oeuvre malgré son instantanéité sur un sentiment d'une perfection jamais atteinte avec un "Taste of unfinished" qui jalonne son chemin vers des limbes mélodiques à l'horizon sans cesse renouvelé.