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L'histoire de Puscifer débute en 2003 avec la découverte d'un morceau d'un projet jusque-là relativement méconnu sur la compilation "various artists" accompagnant le score du film Underworld. Le titre en question, "Rev", et donc signé du pseudo Puscifer, est une bombe et, reconnaissable entre mille, la voix de Maynard James Keenan vient se poser dessus pour le grand plaisir des amateurs de Tool et A Perfect Circle. C'est donc officiel, l'insaisissable et parfois insupportable (qui à dit souvent ?) MJK a un nouveau projet parallèle après le crash en plein vol de Tapeworm (avec Trent Reznor notamment). Rapidement, le buzz enfle, mais trop occupé par les sorties de d'Emotive, l'album de reprises d'APC puis la conception de 10,000 days pour Tool, le chanteur laisse sa progéniture de côté, se contentant de livrer un nouveau titre pour la B.O du deuxième volet d'Underworld. Fin 2006, Keenan réactive Puscifer et se consacre à lui dès que Tool fait une pause dans sa méga tournée mondiale. Courant 2007, un site internet "officiel" essentiellement à but lucratif puisqu'il s'agit d'un shop online estampillé "Puscifer", voit le jour et laisse augurer le pire venant d'un projet qui semble avoir cédé aux sirènes du tout commercial, ou alors cache bien son jeu. Quelques semaines plus tard, Don't shoot the messenger, un EP digital, puis V is for Vagina, le premier album du projet, débarquent dans les enceintes et viennent mettre les choses au clair.

Puscifer / Chronique LP > V is for viagra : The remixes

puscifer_v_is_for_viagra_the_remixes.jpg Après un V is for Vagina qui n'aura que finalement conquis que le "fancore" de Tool et A Perfect Circle, malgré quelques excellents titres et d'autres un peu plus (ok beaucoup) oubliables, voici que Puscifer joue les NIN en nous servant sur un plateau d'argent l'album de remixes de cet effort inaugural. Intitulé V is for viagra, le disque fait, sur le papier un peu peur, sauf que, le casting est à la hauteur du (non ?)-évènement. Quelques musiciens de talents déjà présents sur V is for Vagina : Josh Eustis (Telefon Tel Aviv) ou Brian Lustmord, mais également de nouveaux visages (connus) dont Dave "Rave" Ogilvie de Skinny Puppy, Paul Barker (ex-Ministry) ou Aaron Turner (Isis). Et comme, évidemment, l'incontournable Danny Lohner (APC, NIN, Tapeworm ou l'éphémère The Damning Well) qui a récemment collaboré à Ashes dIVIDE et Fear and the Nervous System, est également de la partie : on se dit que là, il y a du lourd aux manettes.
Lorsque Josh Eustis ouvre le feu avec une version réarrangée de "Indigo Children" baptisé "JLE Dub", on se dit que finalement, un petit miracle est en train de percer la brume trip-hop clinique dans la quelle l'homme de base de Telefon Tel Aviv a enveloppé les nappes digitales d'une électro glaciale au groove hypnotique. La suite tend à confirmer cette impression. Lustmord s'y colle et fait de "Trekka" une véritable bombe à retardement dark indus tribale. Pulsations martiales, basses sourdes, ambiance d'outre-tombe et samples oppressants, donnent un souffle inattendu aux compositions de Puscifer qui s'en retrouvent sublimée. Même constat sur l'efficace "Sour grappes" remixé de main de maître par Danny Lohner ou l'effrayant "Vagina mine" signé de l'ex-collaborateur d'Al Jourgensen au sein de Ministry et Revolting Cocks : Paul Barker. A l'inverse de la première relecture de "Trekka", le remix du même titre signé Aaron Turner, ne convainc pas. Glauque, déviant, torturé, un peu mou du genou, on était en droit de s'attendre à mieux, on aura juste le minimum syndical.
Le verdict est à peu près le même sur "Queen B" mais notre intérêt se réveille à nouveau grâce, une nouvelle fois grâce à Lustmord qui signe avec "Dozo" ("Guns for Hire mix") un titre revu et corrigé avec talent au prix de basses hip-hop clinquantes au groove entêtant. Et puis ?... On a beau chercher... Plus rien, on ne perdra même pas le temps de s'attarder sur la mauvaise blague de "PSR, Lol" ou le très dance-floor remix de "Queen B" réarrangé par Michael Patterson. "Cuntry boner" et ses délires disco-country foireux essaie de conclure péniblement les (d)ébats, on a déjà lâché prise. Prétexte à toutes les divagations industrialo-burlesques et autres velléités vaguement expérimentales, V is for viagra : The remixes est une collections de remixes hétérogènes et à la qualité plus que variable. Et déjà, alors que de nouveaux travaux devraient incessamment sous peu voir le jour, on se surprend à espérer une fin rapide pour un projet qui tourne déjà complètement à vide. A croire que Maynard James Keenan, finalement moins égocentrique qu'on ne l'aurait cru, n'a pourtant pas compris qu'il ne suffisait pas d'ingurgiter une poignée de petites pilules bleues pour éviter la panne... d'inspiration.

Puscifer / Chronique LP > V is for vagina

Puscifer - V is for vagina Il aura bien su se faire attendre ce premier album de Puscifer. Un peu à l'instar de projets excitants mais bien long à venir (sic), comme Team Sleep ou Peeping Tom, le premier effort "solo" de Maynard James Keenan était à deux doigts de virer à l'arlésienne (on pense forcément à Tapeworm, déjà avec MJK au chant...). Mais finalement et sans doute au moment où on l'attendait le moins, voici que Puscifer a refait surface, dans un premier temps avec un EP digital Don't shoot the messenger, puis un single limité (Cuntry boner) et enfin ce V is for Vagina au titre provocateur à souhait et directement inspiré de la bande-dessinée d'Alan Moore (elle-même adaptée au cinéma dans l'un des blockbusters les plus intelligents des cinq dernières années). Au casting donc de cet album plus qu'attendu : du lourd, du très lourd avec notamment Alan Moulder (producteur de NIN, Smashing Pumpkins et My Bloody Valentine notamment) aux manettes, Josh Eustis (A Perfect Circle), Brian Lustmord, le duo Danny Lohner/Alessandro Cortini (Nine Inch Nails) et rien moins que la section rythmique de Rage Against the Machine, soit Brad Wilk et Tim Commerford, en renfort. A cela, on ajoute le petit filet de voix de Milla Jovovich, au passage meilleure chanteuse qu'actrice... (sic) et on a forcément un disque que l'on est pressé de poser sur la platine. Une fois chose faite, c'est un peu la surprise. "Queen B", son chant grave, son éléctro incantatoire et ses ambiances tribales d'un autre monde surprennent autant que sa mélodie éléctrise... Etonnant et original. "Dozo" poursuit dans cette voie, assez innattendue de la part du frontman de Tool, avec un morceau éléctro organique gorgée de samples et arrangements inventifs qui nous font pénétrer l'univers quasi mystique de V is for Vagina.
En plein trip halluciné, Maynard James Keenan livre ensuite un "Vagina mine" à demi-réussi (ou semi-raté, c'est selon) très influencé par les sonorités amérindiennes traditionnelles et finalement assez assommant, avant de redescendre sur terre avec "Momma sed" et son groove acoustique turgescent dopé par des choeurs qui magnifient littéralement sa mélodie envoûtante. Un vraie réussite, comme l'est du reste le morceau suivant : "Drunk with power". Un titre iconoclaste aux sonorités éléctro incongrues et à l'atmosphère de western post-moderne que l'on croirait tout droit sorti de l'imagination foisonnante d'un Mike Patton (Faith no more, Mr.Bungle, Fantômas, Peeping Tom...) sous acide. Lunaire et décalé. On passe sur "Trekka", déjà entendu avec Don't shoot the messenger EP pour s'attarder sur l'excellente relecture du "The Undertakker" paru sur la BO du film Underworld : Evolution. Une version réarrangée, moins rock catchy et plus éléctro-indus clinique à la Nine Inch Nails, les présences de Danny Lohner, Alessandro Cortini et Alan Moulder ne sont, d'ailleurs, sans doute pas étrangère à cette révision toute en finesse. V is for Vagina est à ce titre plus un album d'éléctro/indus/ambient qu'un disque de pur rock industriel comme NIN a pu en produire récemment (Year zero NDLR). Un état de faits qui a, d'ailleurs, de quoi dérouter au premier abord avant de séduire par ses excentricités. Tel un chaman des temps modernes, MJK s'est amusé à métamorphoser sa voix pour nous emporter dans une véritable transe hypnotique ("Indigo children", "Sour grapes"). A la manière d'un prédicateur emporté par ses élans mystiques, le vocaliste de Tool et APC se lâche mais en fait parfois un peu trop et déconcerte si bien que l'on en vient par instants à se demander quelles sont ses véritables aspirations avec cet album. Artwork irréverencieux, morceaux tantôt premier degré, tantôt plus décalés, V is for Vagina ne manque ni de qualité, ni d'inventivité ou d'éclectisme, juste de deux ou trois titres qui auraient pu rester longtemps dans les esprits après leur écoute.

Puscifer / Chronique EP > Don't shoot the messenger


puscifer_dont_shoot_the_messenger.jpg Rock aux tendances électroniques et industrielles par essence, Puscifer est donc le projet solo de Maynard James Keenan a.k.a M.J.K (vocaliste aussi génial que délicat à gérer au sein de A Perfect Circle, Tool ou l'éphémère Tapeworm), un projet dont on avait déjà parlé à l'époque de la sortie du film Underworld, puis une seconde fois lors de celle de sa séquelle Underworld II : Evolution. Cette fois, c'est à l'approche du premier album du projet (V is for Vagina NDLR) que débarque Don't shoot the messenger, un EP numérique en forme de mise en bouche excitante avant l'alléchant plat de résistance.
Du rock électronique donc, aux influences tribales ("Trekka" et sa mélodie qui tourne dans une boucle hallucinée qui semble ne jamais pouvoir s'arrêter) et aux velléités expérimentales qui bousculent avidement les impératifs mercantiles de l'entité Puscifer. Des sonorités amérindiennes, des arrangements éléctro-rock, une voix venue d'outre-tombe, grave, incantatoire et profonde, peut-être le messager du titre de l'EP, qui, enterré à six pieds sous terre serait revenu d'entre les morts pour hanter notre esprit et ne plus le quitter jusqu'à ce que ses dernières volontés soient accomplies, d'entrée de jeu, M.J.K .
Moins sombre, mais plus envoûtant, "Rev 22_20" (que l'on avait déjà pu entendre sur la BO d'Underworld) délivre son rock digital plus sensuel, où l'électricité des guitares fusionne littéralement avec les touches électroniques, où les choeurs de Lisa Germano viennent surplomber le chant habité de Maynard James Keenan pour visser sa mélodie dans notre esprit et ne plus l'en décrocher. Deuxième bombe de Don't shoot the messenger, elle aussi déjà entendu sur une B.O, celle d'Underworld 2 : Evolution, "The Undertakker" distille son venin électro-rock dopé par les arrangements aiguisés de Danny Lohner (ex-Nine Inch Nails), une rythmique chaloupée, et des guitares sulfuriques qui carbonisent les ampli : un tube, incisif et électrisant. Quatrième et dernier titre de cet EP, "Rev 22_20" dans une version réarrangée et plus industrielle. Des choeurs féminins largement au retrait au profit d'ambiances glaciales, cliniques, presque déshumanisées pour une relecture inspirée qui clôt avec un certain brio ce préambule à V is for Vagina qui laisse déjà augurer le meilleur en vue du premier long format de Puscifer.