Punish Yourself : Gore baby gore + The voodoo gun night live Une punkette fluo gore et sexy qui suce un oeil ? Punish Yourself est de retour ! Et le groupe continue d'évoluer, se tournant avec cet album davantage vers le mouvement EBM et avec la ferme intention de faire bouger nos petits corps sur le dance floor. Et oui, si certains titres sont dans la droite lignée de Sexplosive locomotive ("The dexedrine ritual"), la tonalité de l'album est davantage donnée par les machines que par les guitares, la rythmique se fait moins explosive et bien plus groovy, les samples et les mélodies vocales sont bien plus en avant. On a donc un album musicalement plus optimiste, plus dansant, plus féminin (même s'il n'est pas évident de reconnaître Candice -Eths- sur "Dead-white skin"), plus accessible. Là où l'on était d'entrée matraqué les Toulousains prennent un malin plaisir à faire de leurs intros des moments plus paisibles où les loops et la rythmique s'installent confortablement pour faire chauffer l'atmosphère ("Mothra lady", "Gun", "Voodoo virus"), la tension et les effusions n'arrivant que plus tard. Du coup, l'influence de Ministry disparaît presque totalement, presque car le saxo de "Sister apocalypse" pourrait venir tout droit des albums de Ministry de la fin du siècle dernier... Autre témoin de la volonté d'arrondir les angles, les trois morceaux instrumentaux qu'ils soient intro ou interludes ("XX (judgment)", "XVI (the tower)", "VIII (strength)"), ils donnent de l'air et lient parfaitement les titres entre eux. Notamment l'incroyable "Worms" et son rythme imparable couplé à des choeurs trippants qu'il aurait été peu évident d'acoller subitement au "Gun" et ses basses très pesantes. Gore baby gore se termine avec "Doctor doom" aux trafiquages vocaux proches d'un vieux Marilyn Manson, même si aujourd'hui Punish Yourself n'a jamais autant ressemblé qu'à Punish Yourself...
Le digipak rouge abrite également le DVD The voodoo gun light live, simple DVD bonus avec un clip, 2-3 photos et 2 chansons live ? Tu parles ! Un vrai DVD totalement indispensable !!! Avec l'intégralité d'un concert, celui donné à l'art cade en mai 2005 où comment démontrer que l'Ariège peut répondre présent à un concert de cyber punks fluos. Les caméras nous montrent les Punish Yourself sous tous les angles, le montage très dynamique conviendra tout de même aux épiléptiques, l'incrustation des titres et de quelques extraits des vidéos projetées est bien ficelée, le son est presque trop correct, pour le reste, c'est un concert "classique" des Toulousains, toute description est donc en dessous de la réalité... Notons juste que parmi les 20 titres, on trouve le splendide "Worms"... Pour ceux qui ne seraient pas rassasié par le concert, des tonnes d'images live, backstage et diverses (sauras-tu reconnaître les "stars" du rock made in France qui apparaissent ?) sont compilées sous le nom de Are you ready to fuck el diablo ?, un régal où l'on découvre un groupe humain et pas forcément aussi taré que leurs prestations pourraient le laisser croire... Après les images mobiles, quelques images fixes sont également de la partie, des photos superbes mais malheureusement muettes...
Tout ça pour dire que Gore baby gore est indispensable. Comme il est indispensable d'avoir vu Baby blood si on aime les films gore made in France (coment ça, ça n'a rien à voir ? Ok, mais je voulais le placer quelque part !). J'aurais d'ailleurs pu n'écrire que "indispensable" pour toute chronique mais ça aurait été se foutre de la gueule du monde, vu comment les Punish Yourself se donnent pour nous, on peut tenter d'être à la hauteur...