punish yourself Votre slogan serait, si l'on en croit votre site web, "la liberté sexuelle et alimentaire" sous toutes ses formes...
Vince : Ca nous fait beaucoup rire car ça revient tout le temps dans la conversation alors que ce sont deux trucs qui n'ont a priori rien à voir et qu'il n'y a pas grand chose de très profond derrière... en fait, c'est une phrase balancée un soir comme ça et qu'on a finit par garder parce qu'elle nous faisait rire !
Mais vous êtes quand même de grands épicuriens ?
V : Oui, quelque part, sinon je pense qu'on n'aurait jamais pu continuer comme ça depuis le temps. On boit souvent des bières comme là en repensant à tout ce qu'on a pu faire, en rigolant de nos galères.
Miss Z : C'est important pour nous de rester positif en tout cas, de profiter de ce qu'on peut faire chaque jour.
Et le sexe ?
V : Ca a toujours fait partie de nos textes, même s'il devrait y en avoir de moins en moins. Ca correspond plus à toutes les pulsions qui existent en chacun de nous et qui rejaillissent forcément à un moment !
Z : Le pire c'est qu'on est assez extravertis en tant que musiciens et moins voir pas du tout dans nos vies privées...

Votre univers, c'est aussi la science-fiction ?
Pierl : C'est plus les super héros en fait, un peu comme le décor de ce bar (ndlr: Le "Fantomas" ! )... mais on aime bien aussi la bonne SF de temps en temps.
V : "Let's build a station in space" n'est pas l'expression d'une fascination pour la SF, au départ j'avais récupéré par hasard le sample que tu entends dans la chanson et c'est autours de lui que l'on a construit ce morceau.

En revanche, on ne vous voit pas aller vers un discours politisé, cela prend un aspect trop démagogique pour vous ?
Z : Je pense que ça vient aussi du style de notre musique, ça ne colle pas trop avec. Pourtant sur le prochain album, il devrait y avoir des morceaux un peu plus "engagés".
V : Et puis ça reste pour nous un grand sujet de discussion entre nous, on parle tout le temps de politique ! (ndJ : la fin de soirée confirmera cette impression ! )

Vous avez toujours eu l'impression d'avoir le cul entre deux scènes, et encore aujourd'hui ?
V : Mais de plus en plus de groupes ont intégré des parties électroniques à leur musique ces derniers temps... entre le Dionysos que l'on connaît maintenant et celui d'avant, il n'y a rien à voir à ce niveau !
Z : A l'origine on avait un batteur, c'est à son départ qu'on a commencé à utiliser une boîte à rythme... ça c'est fait naturellement car ça faisait partie des trucs qu'on écoutait
P : On a ressenti ce nouvel album comme comportant plus d'éléments rock'n'roll, selon notre propre conception du rock'n'roll bien sûr... et il y a aura toujours de bons passages très technoïdes.
Du coup vous vous retrouvez à jouer avec des groupes très différents...
P : Les programmateurs ne savent vraiment jamais comment nous placer... c'est cool, on se retrouve à jouer dans la même soirée entre 1 groupe de ska/dub, 1 groupe de hardcore et 1 DJ !
On vous a souvent rapproché de NIN ou Ministry, ce sont des affiliations qui vous dérangent ?
Z : Ca nous semble logique dans le sens où c'est des choses que l'on aime bien, que l'on écoute et donc ça se ressent forcément dans notre son. A côté de ça on écoute des trucs assez divers...
V : Ce qui m'attire chez NIN, c'est d'ailleurs plus la technique et le son que ses morceaux eux-mêmes.
Par rapport à votre son, justement, la scène française n'est-elle pas trop confidentielle et n'est-ce pas plus facile pour vous à l'étranger ?
P : De toute façon c'est le rock dans son ensemble qui reste assez confidentiel en France. Pour cet album, on va chercher pas mal à l'étranger, sachant qu'ensuite on pourra trouver une licence en France.
Des groupes dont vous vous sentez particulièrement proches ?
V : Il y a les LTNO bien sûr, ce sont ceux avec qui l'on a le plus de liens. Ils ont remixés un morceau de Disco Flesh : warp 99 et ce sont certainement ceux qui sont le plus proche de nous au niveau du son.

Punish Yourself, c'est un combat entre la machine et l'Homme, ou plutôt une association en bonne entente ?
V : Bonne question, un peu des deux je pense selon les morceaux. Dans certains morceaux l'électronique et les instruments se marient bien, dans d'autres on a effectivement plus l'impression d'un affrontement où chacun cherche à prendre le dessus !
Le son de Disco Flesh : warp 99 était assez impressionnant, il y a eu un travail particulier autours de cet aspect ?
P : L'album a été enregistré "à la maison" par Vincent, je crois qu'on ne peut pas se faire au format "studio", c'est pas notre truc !
V : En fait, c'est juste une question d'oreille, toujours en comparant avec les productions américaines pour obtenir le son voulu. Je travaillais en mettant en parallèle ce qu'on avait et ce que je voulais obtenir dans ce que j'écoutais !
Z : Beaucoup de groupes n'y prêtent pas suffisamment attention, et pourtant c'est vachement important, ça peut carrément gâcher le plaisir de l'écoute lorsque le son est pas à la hauteur.

Est-ce que le mélange organique/électronique entraîne une forme d'écriture particulière ?
P : En général on commence souvent par une base machine, et on rajoute ensuite les guitares et la voix, ça prend forme peu à peu et on en arrive souvent à modifier la base de départ ! Au final, c'est parfois complètement différent, beaucoup plus lent que ce à quoi on avait pensé au départ...
Justement, il y a eu aussi beaucoup de travail sur le rythme de cet album, pour le faire respirer ?
P : De toute façon, nous même nous n'écoutons jamais de trucs tout à fond pendant 45 minutes, alors on ne se voyait pas le faire ! Mais ce n'est jamais réfléchi, parfois les breaks s'imposent parce qu'on le sent comme ça, sans trop se poser de questions on ralentit le rythme avant de repartir...

L'ensemble reste très agressif... vous avez une image de méchants ?
Tous : Tu nous trouves méchants !?
Z : Non, mais c'est vrai que les gens qui connaissent Vince dans la vie, qui est un mec très posé, sont très choqués quand ils le voient totalement péter les plombs sur scène !

La scène reste un lieu de prédilection pour l'énergie de votre musique...
P : C'est l'endroit où on peut se lâcher complètement, le maquillage fait le reste ainsi que nos effets visuels à base de stroboscopes et de fluo partout, qui font partie intégrante du concert... mais c'est aussi une logistique importante, arrive avec notre propre jeux de lumière qu'il nous faut installer avant le concert, avant d'aller se maquiller, etc...
Vous avez une motivation particulière avant de monter sur scène, vous n'êtes jamais fatigués ?
Z : Le maquillage est devenu un moment de communion entre nous, c'est vrai qu'on se maquille tous ensemble en rigolant et en buvant un coup... on est des vrais midinettes quand on se maquille, on fait très attention à notre look et à la dose de noir qu'on se met sur les yeux ! Il y a des fois où il faut être bien motivé, surtout quand tu joues dans un squat et que tu te prépares dehors, à l'eau froide...
V : Des fois ça peut arriver qu'il y en ait un qui n'ait pas la pêche, mais il suffit de voir les autres se marrer à côté pour rentrer dans le bain... un jour j'étais crevé, et dès qu'on est rentré sur scène je me suis laissé aller ensuite on m'a dit que c'était le meilleur concert qu'on ait jamais fait !
Est-ce que vous êtes schizophrènes ?
V : Non quand même pas ! on reste nous même, on n'a pas de personnalités différente entre la scène et les coulisses, mais c'est vrai qu'on y va sans aucune retenue, qu'on fait certainement des choses qu'on ne ferait pas dans la vie.
Des shows très énergiques donc, est-ce que la transposition de toute cette énergie live pose ensuite problème sur bande ?
P : Ca nous a posé pas mal de problème quand on a commencé à enregistrer, mais finalement on s'en sort, c'est pas la même chose sur album mais on veut amener une énergie et un jeu différent par rapport à la scène, c'est un challenge pour nous.

Votre meilleur souvenir de tournée ?
P : On est parti aux Trans l'an dernier sans avoir aucune date, comme ça... le soir on s'est éparpillé dans pleins de bars de la ville et puis finalement on s'est retrouvé au même endroit, du coup on a sorti tout le matos et on a commencé à jouer au milieu de la rue... avant de nous faire virer par les flics avec tous les gens autours qui leur gueulaient dessus de nous laisser tranquille !
Le lendemain, il y avait un article dans le journal sur le festival off, où ils ont pas mal parlé de notre petite improvisation... du coup, quand on est allé se présenter dans les bars ensuite, tout le monde nous connaissait et on a pu jouer pendant tout le festival !

Encore un nom à la con pour ce nouvel album, Sexplosive Locomotive ...
V : Comme toujours, j'avais fait une liste de nom possible et on a éliminé tout les autres... c'est un nom qui nous plaisait bien, qui ne voulait rien dire mais qui contenait plein de choses en même temps.
P : L'album devrait sortir à la rentrée prochaine, mais on prend notre temps (rires) : on préfère bien rôder les morceaux sur scène avant, d'ailleurs ils ont encore le temps d'évoluer largement d'ici là ! C'est notre façon de faire mûrir l'album et l'idée qu'on s'en fait...
Encore des surprises de prévus, de nouveaux remix d'autres artistes ?
V : Le problème du remix est que lorsque tu reprends de l'électronique en électronique, tu tournes vite en rond. Le plus intéressant ça reste l'adaptation d'un morceau organique en le gonflant de machines... On reçoit énormément de propositions de gens qui veulent nous remixer, pour l'instant on travaille avec un groupe d'Europe de l'Est ; on devait se remixer mutuellement et puis finalement on a préféré échanger des bouts d'idées pour créer de nouveaux morceaux ensemble.

Et vous avez déjà pensé faire une cover, comme LTNO et son "Boys boys" ?
V : On adore cette version de LTNO. Mais nous on a un gros problème, on n'a jamais pu se mettre d'accord sur le choix d'un morceau, c'est un problème récurent au sein du groupe !
P : Moi je ferais bien... je ne sais pas... propaghanda je pense.
V : Ah non pour moi c'est le "Kick out the jams" des MC5, ou bien "1969"... rock'n'roll !
Z : Il nous emmerde avec ça, ça lui arrive sur scène de nous surprendre en commençant à jouer ça, et moi je me retrouve comme une conne à chanter sur son riff ! Pour moi, ça sera "Dead or alive", la cover absolue !

Pour finir, un ami vous a décrit à la première écoute comme "de la musique pour apprendre à danser aux punks !"
Z : On adore cette définition (ndlr : allez-y, on vous laisse les droits dessus) ! Y'a rien de plus kiffant que de voir un punk à crête accroché aux barrières, en train de remuer en rythme son popotin comme en boîte de nuit.
V : Et c'est pas du tout péjoratif pour nous, on adore danser sur des trucs à la con, tu nous mets en boîte on est super heureux !