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Biographie > nÄo, le petit robot electro

nÄo Band nÄo démarre véritablement son histoire en 2002 mais ne devient ce qu'il est aujourd'hui qu'en 2010 avec l'intégration de 3 nouveaux membres. Un ordinateur au bout des doigts et des idées plein la tête, on trouve à l'origine du projet Pierre-André, ex-guitariste de Néofit puis DJ jungle au sein du collectif Incomplet Sound System devenu véritable chirurgien des sons en solitaire (il a notamment composé une bande-son pour le Metropolis de Fritz Lang (1927) sous le titre (R) Evolution) puis en groupe donc, entouré d'un batteur, d'un guitariste et d'un créateur vidéo. Quelque part entre électronique, rock et industriel, dans des sphères voisines de celles d'Amon Tobin, 65daysofstatic ou Nine Inch Nails, l'entité devient rapidement une véritable machine de guerre live.

Des sets enflammés un peu partout en Europe et des apparitions remarquées dans des grandes messes du genre sur lesquelles le travail des franc-comtois prend définitivement tout son sens (Riddim Collision de Lyon, Seconde Nature à Aix-en-Provence) ou pas forcément spécialisée électro (Printemps de Bourges, Eurockéennes, Impetus Festival), nÄo imprime sa marque en live d'abord, sur CD ensuite, lorsque sort son premier album, éponyme, au printemps 2012, par le biais de l'incontournable Jarring Effects (Brain Damage, Ez3kiel, High Tone, Revo...).

nÄo / Chronique LP > III

nAo - III A peine 2 ans et des poussières (en réalité un peu moins) après la confection d'une petite véritable bombe éponyme, nÄo revient aux affaires, toujours par le biais de l'écurie Jarring Effects avec III, un album qui prend le temps d'une introduction terriblement efficace au moment de poser ses atmosphères ("Into..."). Tout en progressions, irrémédiables mais contrôlées du début à la fin dans le moindre détail, le groupe ne force pas le trait, fait ce qu'il sait faire de mieux en prenant le temps de ménager ses effets. Parce que lui sait déjà que la suite va être foudroyante. On s'y attendait, on en prend quand même plein les écoutilles.

D'abord cet "... The dirt" fracassant : une torpille supersonique à l'arrogance rock électronique fulgurante, à l'indécence industrielle marquante et toujours cette présence qui confère rapidement à l'addiction explosive, tout cela sans jamais utiliser de voix ; ensuite "Barnsa", véritable hit en puissance et single évident d'un album déjà imparable. Après seulement trois titres et déjà un résultat quasi indispensable, nÄo démontre qu'il fait un usage particulièrement intelligent des contrastes, entre légèreté à la limite du minimalisme électronique et climax rock synthétique enfiévré. Sans s'arrêter sur un titre ou un autre, nÄo propose ici un agglomérat sonore parfaitement cohérent : entre un "Transfiguratio" aliénant et un "UFO" aux effluves sonores intensément organiques en passant par "Kitab" et ses textures sonores orientales ou encore cet "The dart" armé d'un rock lourd et d'un arsenal industriel du plus bel éclat. Puissant.

Les morceaux se suivent, s'enchevêtrent à la perfection, pour un résultat épique, toujours électrisant alors que les machines s'emballent et renvoient l'auditeur aux influences à aller chercher du côté de Hint ou d'Ez3kiel. On pense forcément à Nine Inch Nails ("Evol") mais nÄo poursuit son petit bonhomme de chemin en livrant au passage un "Hardware" aux ambiances narcoleptiques, brumeuses et magnétiques. Convoquant sur l'album son amour pour les panoramas cinégéniques, les tentations rock énergiques et la mécanique électronique/indus/technoïdes de très haute précision (l'obsédant "Out of the sky", le terminal "Release the machine"), il accouche ici d'une oeuvre encore une fois majuscule à la puissance d'impact inexorablement imparable.

Sous influence parfois certes, mais magistral.

nÄo / Chronique LP > nÄo

Nao-Nao Artwork anthracite, échos plus que flatteur, débarquement massif orchestré par l'écurie Jarring Effects, l'incontournable avec un grand "I" que l'on ne présente plus en ces pages (si ? ok alors Brain Damage, High Tone, La Phaze, Hint, Scorn, L'Oeuf raide, Picore, Fumuj, Revo, ou Ez3kiel, ça va mieux là ?) : nÄo n'est rien d'autre que LA très grosse sensation électro rock noise indus du moment option tuerie absolue. Pas un énième feu de paille autorisant une hype éphémère et non, pas non plus l'une de ses innombrables déclinaisons à base de bouille dubstep tendance. Là c'est du sérieux et le premier album éponyme du projet en atteste sans l'ombre d'un quart de demi-doute. Prêt ? D'accord. Alors feu...

Cliquetis soigneusement bricolés pour éclairer un peu le disque, les beats entrent discrètement en scène et quelques fulgurances font doucement gonfler l'ensemble, augmentant lentement mais irrémédiablement l'amplitude sonore constatée. La tension grimpe, tout aussi inexorable et l'on attend alors la déflagration. Qui lorsqu'elle survient finalement (non sans s'être fait quelque peu attendre) emporte "Glad" dans une véritable tornade électro-rock-industrial percussive et sauvage, parsemée d'éclairs mélodiques ravageurs et dopée par une fougue digitale peu commune. Un titre et un seul aura suffit : nÄo vient de retourner la planète électro-rock en à peine plus de trois minutes trente. Et de rendre par là-même ces lettres de noblesse à une étiquette musicale (trop ?) souvent largement galvaudée. Dément. Et encore plus lorsque les éclats dubstep viennent s'amonceler autours de l'auditeur, alors soumis à un bombardement sonore intensif et continu. Une véritable abrasion sensorielle que ne renierait pas un 65daysofstatic sous injection de testostérone et un "Ilogic" qui porte décidément assez mal son patronyme alors même qu'il finit d'installer l'auditeur dans un univers musical aussi virtuose que foudroyant. Logique oui. Imparable aussi.

En à peine deux titres, nÄo a déjà bien retourné son monde et ne compte pas se priver pour continuer ainsi afin de prolonger un peu plus le plaisir. Avec un "Uusi (V3.0)" sur lequel le groupe ressort le couplet de l'interminable nappe synthétique génératrice d'atmosphères rétro-futuristes avant de dévoiler un arsenal sonique un peu plus orienté "rock", ou avec "Calibrate" pour lequel les franc-comtois marient dans un même tube à essai leurs trouvailles maison et les ambiances chères à Ez3kiel. Et l'auditeur de se rendre alors compte que la griffe artistique ici proposée, développée mais déclinée est un peu toujours la même, mais qu'elle fait aussi preuve d'une efficacité quasiment irréelle ("Nope", "Imaco"). Redoutable. Et plus encore lorsqu'il s'agit de sortir l'artillerie lourd façon rock/indus de patrons sur l'indestructible "Mechanical" (en même temps déjà le titre...). Rythmes sombres, paradoxes lumineux, nappes artificielles et mélodies aux squelettes en Adamantium, nÄo frappe une fois encore très fort. Comme il le fera avec cette même régularité sur la dernière série de torpilles sonores expédiées dans les enceintes avec une précision chirurgicale ("Somme (V2.0)", "Trent", "Killing time").

Impressionnant.