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Biographie > MoonPrototype

MP est l'abréviation de MoonPrototype, un projet solo créé en 1998 par Moon ... rejoint un peu plus tard par oR.hal, qui écrit les textes depuis Paris, et de temps en temps par Aurélie, demoiselle à la voix enchanteresse qui officie également dans Bulle. MP vit à Colmar, tranquillement, derrière ses machines, sort des démos régulièrement (MP en 99, Chemical en 2000, WProject en 2001) et fait appel à un guitariste pour électriser ses compositions à partir de 2003 et de ce EP intitulé Relive, d'autres musiciens devraient participer aux prochains enregistrements qu'on attend avec impatience...Il faudra attendre encore plus de temps pour entendre le guitariste de Y Front se frotter à MP mais l'album Melanclimax est tout de même bel et bien là en septembre 2004... Par la suite, le groupe remixe pas mal d'artistes, notamment NIN, Team Sleep ou Dont Look Back, collabore à un morceau de Thot et courant 2007 met en boîte son deuxième album long-format : Dusty lane.

Interview : MP, L'interview prototypée (Mai 2008)

MP / Chronique EP > Red

MP - Red Cela fait maintenant quelques temps que l'on suit du coin de l'oeil l'évolution musicale du projet Moon Prototype, entité mouvante à dominante trip-hop et aux tentations industrielles assumées qui ne se prive pas d'aller lorgner vers d'autres contrées musicales pour mieux se remettre en question. Après l'album Dusty lane publié au mois de mai, MP, décidément très prolifique, nous refait le coup de Born into this, le mini-album sorti juste un mois avant. Soit 1 EP = 1 track = 1 hour (ou presque...). Autant dire que c'est encore une fois le cauchemar du chroniqueur. Ou pas forcément... Plutôt un plaisir déviant que celui de décrypter Red, un essai sans doute plus torturé, nébuleux et sibyllin que ses prédécesseurs, pas pour autant moins réussi. Une entrée en matière très industrielle, lourde, saturée, oppressée et oppressante. Une précision chirurgicale, des samples de dialogues baignant dans une ambiance post-apocalyptique d'une froideur presque clinique, puis l'entrée des percussions. Lesquelles viennent se greffer aux beats mécaniques pour produire un ensemble musical au groove magnétique.
Quelques divagations soniques plus tard, des samples, des voix qui s'entremêlent et repoussent les frontières de Moon Prototype vers des contrées aux panoramas étranges et lunatiques avant de bifurquer, et de s'embarquer sur un sentier plus électro-rock une grosse dizaine de minutes après le début des hostilités. Complètement instrumental Red replonge peu à peu dans les abîmes d'un rock indus tribal aux pulsions presque animales. Saturation rampante, une association arrangements électriques/percussions inspirée, le riff saillant entre alors en jeu et l'auditeur se retrouve complètement happé par l'univers musical de MP. Le mélange des genres est ici comme une seconde nature : mélodies fiévreuses fusionnant avec les machines, longue plage bruitiste aux expérimentations vaporeuses, on est à la limite de se perdre, mais au dernier moment, nouveau virage artistique et Moon Prototype se rapproche du rock indus de Renholder (projet solo de l'ex-NIN Danny Lohner). Effluves digitales, accents rock et discrètes flagrances progressives, Red cherche à repousser ses propres limites, se remettant en question encore et encore afin de ne pas céder à la facilité... Une réussite de plus. Comme à l'ordinaire serait-on tenté de dire, mais l'ordinaire chez MP ce n'est déjà pas commun... A méditer.

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MP / Chronique LP > Dusty lane

mp_dusty_lane.jpg 3 ans et demi après Melanclimax, Moon Prototype succombe au plaisir des plaisirs numériques en sortant par le biais du téléchargement (gratuit), son deuxième effort : Dusty lane. Pas mal de temps s'est écoulé entre les deux albums, mais le projet mené par Moon n'a pas pour autant chômé, travaillant régulièrement sur des remixes de All Angels Gone, NIN, DLB, Team Sleep ou Thot, dont l'un des membres vient d'ailleurs participer à Dusty lane. Au casting, on retrouve également un membre de Frail, un autre de Windshadow et toujours oR.hal, lesquels sont venus participer à un disque enregistré entre Paris, Bruxelles, Tours et Pékin... Un album qui a donc voyagé, son architecte et maître d'oeuvre ayant apparemment trouvé son inspiration sur deux continents avant d'en revenir avec 13 compositions évoluant entre trip-hop évanescent et indus-rock racé. Résultat : en partant de la première note et ce, jusqu'à dernier souffle de vie de cet album, on se laisse aller à descendre en rappel dans un univers musical à la puissance évocatrice rare.
De l'ambiancé et introductif "Sea under a lie of the sun" à "Calling the prayer" et son alliage dub/rock/électro envoûtant en passant par l'électrique et industriel "Ra is crying", la plongée sans filin au sein du monde de Moon Prototype se fait en apnée, les sens en éveil et le plaisir intense de se laisser porter par les émotions que procure sa musique. Des ambiances orientales, des nappes de fumée qui se dissipent doucement à notre passage, un chant haut perché littéralement habité, des instrumentations savamment orchestrées, des atmosphères dépaysantes qui nous transportent hors du temps, quelques accents plus rock, choeurs enchanteurs, onirisme délicat, des morceaux comme "Scorn kills them", "It lashes my brain" ou "God is joking" nous emmènent dans des contrées musicales encore rarement explorées. Des panoramas sublimes, une palette artistique aux possibilités infinies, un monde que l'on sillonne encore et encore jusqu'à faire une rencontre inattendue et imprévisible ("Close encounters of the third kind"). Alors que l'on s'attend à presque tout venant de ce Dusty lane, MP livre alors deux hits : un "Kings of the world" électro-rock au groove sidéral, puis "Inabilites" et sa puissance mélodique phénoménale. On est alors à deux doigts de sombrer dans l'addiction et ce n'est pourtant pas encore terminé, car Moon Prototype nous réserve un ultime shoot avec un "Contemplative" énigmatique à la froideur clinique, avant de refermer cet album sur "Hopeful melody". Mélodie éthérée, rêveuse et fantomatique, puis magma sonore aux pulsations saturées, un ultime morceau aux deux visages pour un disque aux multiples personnalités et à la richesse envoûtante.

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MP / Chronique EP > Born into this

moon_prototype_born_into_this.jpg Born into this, un EP digital, téléchargeable gratuitement depuis le site officiel du groupe et composé d'une seule et unique plage musicale, longue d'une heure, une minute et très précisement cinquante six secondes... Autant dire, l'enfer du chroniqueur qui aime d'ordinaire jongler entre les morceaux et les sensations afin de livrer l'impression la plus juste possible du disque qui est soumis à son écoute. Pour autant, "Born to this" est un morceau/EP qui se prête plutôt bien au décryptage de son contenu. Débutant comme une longue plage bruitiste, fourmillant de sons étranges (un piano discret, des voix lointaines...) cet essai semble se plaire à égarer l'auditeur. Puis après cinq minutes trente, la musique évolue vers quelque chose de plus orienté trip-rock avec quelques accents industriels particulièrement affirmés, des beats électro discrets et quelques riffs bien catchy. Une ambiance de fin des temps, quelques notes de synthés old-school et des lignes de guitares acérées, MP joue sur la répétition et nous fait entrer dans un univers onirique composé d'une myriade de sonorités, de clair/obscurs subtils et d'innombrables dégradés de couleurs. Après quelques onze minutes de musique tantôt envoûtante, tantôt plus inquiétante, le groupe fait évoluer son morceau vers des contrées plus orientales avant de rejoindre des eaux clairement trip-hop en étant porté par un beat puissant qui vient rebondir contre la platine, avant de venir s'enfoncer inexorablement dans notre esprit pour ne plus jamais s'en échapper.
Une mélodie furtive qui vient envelopper notre psychée de ses caresses hypnotiques, des arrangements à cordes qui viennent se poser ci et là, Moon Prototype poursuit son exploration des méandres de notre cerveau et de notre âme en délaissant les rives du trip-hop pour nous emmener sur les berges d'un ambient crépusculaire gorgés de samples et de petites trouvailles sonores qui ajoutent à son étrangeté nébuleuse (de la vingtième à la trentième minute). Sûr de son fait, MP nous a enveloppé de ses atmosphères énigmatiques et après cette première demi-heure de musique assez cérébrale, peut faire entrer Born into this dans quelque chose de plus concret. Les riffs rock industriels refont leur apparition, et, bercé par quelques textures ambient du plus bel effet, le morceau gagne en puissance ce qu'il perd en mystère, mais ses mélodies se font toujours plus efficaces et ne tardent pas à se visser dans notre mémoire. Oscillant jusqu'à son terme entre ambient fantomatique, trip-hop sensuel, électro labyrinthique et rock aux tendances industrielles, MP livre un EP extrêmement varié et ingénieux (classe les extraits du discours de Martin Luther King en arrière plan), dont on ressort, secoué et bluffé, avec la curieuse impression de s'être embarqué pour un bien étrange mais entêtant périple musical. En attendant la suite, qui promet déjà monts et merveilles...

[fr] Download "Born into this" (69 hits)External ]

MP / Chronique LP > Melanclimax


mp : melanclimax Aprés un très bon EP (Relive), MP s'offre un premier album intitulé Melanclimax : Moon, véritable cerveau du "groupe", nous gratifie donc de 12 titres qui s'étalent sur plus de 50 minutes, le tout dans un emballage qui s'efforce de coller à l'atmosphère : toute en douceur et en transparence... A lire le track-listing, il apparaît clairement que nous sommes en présence de 6 "gros" morceaux et de 6 plages de transition ("#001", "#003", "#005", "#007", "#009" et "#011"), si la première de ces plages est une véritable introduction, petit échauffement électro-pianesque les cinq autres répètent inlassablement la même respiration hypnotique, il faut juste éviter d'écouter l'album dans le désordre... Quid des 6 autres titres ? Et bien, c'est toujours bien construit et trés calme, une sorte d'A Perfect Circle sous bromure. Dans l'attente éternelle de parties guitares supplémentaires, ces morceaux de MP sont restés trés dépouillés, trés éthérés, ce sont les rythmiques qui dominent l'ensemble, les nombreux apports de l'électronique densifient les compositions sans forcément les marquer de leurs empreintes alors que les rythmes, très binaires, s'installent en nous et règlent nos propres battements de coeur. Le chant se cache derrière des tonnes d'effets et les arrivées, même discrètes, d'Aurélie (Bulle) sur "Twin voices concerse in silence" puis celle d'Or.hal sur "Inabilites" et "13.28" permette une variation que Moon a du mal à trouver seul. "13.28", quel drôle de titre, c'est tout simplement la durée de celui-ci, long mais pas ennuyeux, ce "13.28" est à la limite du shamanique, un rythme simple donne le tempo sur lequel vont se promener les samples, les voix et les notes de guitare, le morceau coule comme un long fleuve tranquille et méandré.Melanclimax ne s'addresse pas à tous les publics mais ceux qui auront envie de se laisser porter dans le monde bâti par MP sauront le dénicher...A noter qu'un code "secret" (une date de naissance ?) permet d'accéder à une partie "cachée" du site officiel (avec photos, fonds d'écran, skins winamp...).

MP / Chronique EP > Relive


mp : relive MP ne peut laisser indifférent, soit on est accroché et il devient impossible de s'en défaire, soit on rejette en bloc cette sorte de trip hop inquiétante (Tricky et NIN sont appréciés par Moon, pas étonnant...). Relive, c'est un peu comme si Maynard James Keenan (Tool, A Perfect Circle) venait embrumer Massive Attack, deux influences certainement affichées par MP (je n'ai pas posé la question mais si la réponse est non, je veux bien réécrire cette partie de l'article !), beaucoup de machines, de loops, d'ambiances et une voix posée, sereine, à la fois lointaine et intérieure, trafiquée et dénudée, elle suit les rythmes, les guitares. Elle s'accomode fort bien de l'esprit du "Climbing up the walls" de Radiohead, repris avec brio, destructuré mais reconnaissable, le titre est une petite merveille, tout comme l'autre reprise présente parmi les 6 titres, le "House in the tree" de Bulle où Aurélie prend discrètement la parole. La force de MP est de mixer ces deux covers dans les compositions sans heurter l'auditeur inaverti, le même souffle mécanique règne sur l'ensemble de Relive.
Vraiment trippant ce EP est bien plus qu'un rêve ("Little M"), ne sert pas juste des musique d'ambiances mais aère l'esprit de celui qui s'y plonge et s'y prélasse avec délice.

Tous les titres sont dispos sur le Moonprototype.com !