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Biographie > Mais t'es chaud ?

Terme japonais désignant l'état de transe suite à une surconsommation de riz, Meï Teï Shô est également un groupe lyonnais qui sévit depuis plus de dix ans maintenant. Évoluant dans un style inclassable mêlant l'afro-beat, la soul, le funk, le rock, le dub, la musique dite "world" ou bien le jazz, le combo a été formé par le bassiste Boris Kulenovic et le batteur Germain Samba. Meï Teï Shô s'est fait connaître en 2001 avec l'album Xam sa bop et la période Jarring Effects où le groupe a souvent été assimilé à la mouvance dub. En 2005, le collectif est chamboulé après le départ du chanteur Sir Jean, du guitariste Kostia et du saxophoniste Riko. Pour rendre hommage à cette première ère du groupe (1998-2005), Jarring Effects sort en 2006 un CD/DVD intitulé Dance & reflexion avec une captation du dernier live de cette formation à Lyon au Transbordeur, enregistrée le 26 Octobre 2005 à l'issue du Lyon Calling Tour et augmenté de documentaires inédits et bonus. Meï Teï Shô n'est pas affaibli pour autant puisque de nouveaux membres viennent s'ajouter par la suite. Ainsi le natif de Nashville, Bruce Sherfield, reprend le chant, Eric Teruel arrive au clavier Fender Rhodes et Jean-Philippe Chalte vient s'adonner aux machines. C'est donc cette nouvelle formation, en plus de la paire Kulenovic / Samba, agrémentée d'invités, qui exerce sur le nouvel album, Take a ride, qui sort le 23 mars 2009 sur Yotanka Productions (Zenzile, Electrod...).


Discographie :

Meï Teï Shô (Maxi 4 titres, 2000)
Xam sa bop (2001)
Remix (Remix de 4 titres, 2002)
Live (2002)
Lo ba (2004)
Dance & reflexion (2006)
Take a ride (2009) [ [fr] Yotanka Productions: Site du label (28 hits)External ]

Meï Teï Shô / Chronique LP > Take a ride

Meï Teï Shô - Take a ride 2005 fût une année charnière pour Meï Teï Shô qui perdit plus de la moitié de ses membres dont une des pièces centrales, leur brillant chanteur, j'ai nommé Sir Jean. Reste la base du groupe, à savoir les principaux compositeurs que sont la paire Boris Kulenovic (basse) et Germain Samba (batterie). C'est déjà ça, me direz-vous, lorsque l'on connaît le potentiel de ces garçons. En guise d'adieu, Dance & reflexion, un CD/DVD du live au Transbordeur puis plus rien jusqu'à ce que la troupe renaisse de ses cendres avec Take a ride. L'album débute avec un harmonieux Take a ride with me now, telle une invitation au voyage sonore. Une manière de dire que Meï Teï Shô n'a pas changé son dessein en cuisinant les genres et n'a pas oublié son public. Sauf que ce dernier va devoir se réhabituer aux divers changements effectués depuis la première ère du groupe, à commencer par les voix. Bruce Sherfield a.k.a MC Jester, rappeur de son état, ayant notamment exercé son phrasé avec Spontane, Birdy Nam Nam, Puppetmastaz, Saul Williams ou DJ Vadim (rien que ça et la liste n'est pas finie), est un globe-trotter au flow ravageur et au talent vocal certain mais dont le timbre est toutefois un peu plus familier que Sir Jean. Meï Teï Shô ne change pas les règles concernant le partage et la nuance des voix. C'est ainsi que l'on retrouve Jessica Martin Maresco (ICSIS, Super Swing...), dont la spécialité est le jazz, Sandra N'Kaké avec sa vocalise à tendance soul et Rn'B et puis la ravissante Amel Mathlouthi, aux accents arabisants (from Tunisia) qui nous délivre tout son talent notamment sur "Omri (ma nensa)". En résumé, un cocktail organique qui fait son effet pour ce renouveau. Côté instrument, la patte rythmique instituée auparavant est indéniablement présente et les compositions partent vers une évolution probablement plus en adéquation avec les nouveaux membres. Les structures à thèmes progressifs connus chez les lyonnais s'estompent pour donner des morceaux plus directs mais laissant toutefois encore libre court à l'instrument. Nous avons autant droit à des titres assez groovy avec "Take a ride", "House of sunshine" ou "Hurry Kane" (avec la participation aux scratchs de Charly Amadou Sy de Sayag Jazz Machine) qu'à des séquences plus calmes comme "Omri (Ma Nensa)", "Other spheres" ou "Paler than grass". Finalement, ce sont les deux parties de "Earth, wind, amplifier" qui sont les moins éloignées de ce que faisaient Meï Teï Shô avant cette renaissance. Les éléments électroniques de Jean-Philippe Chalte et la chaleur du Fender Rhodes d'Eric Teruel font partie également de l'évolution de la palette sonore du collectif. Avec Take a ride, Meï Teï Shô continue de forte belle manière son exploration des genres et délaisse un peu plus son côté africain et tribal qui en faisait sa "touche". Ready to ride ?

Meï Teï Shô / Chronique LP > Xam sa bop

Meï Teï Shô - Xam sa bop Mon Dieu, que cet album sent bon l'Afrique ! Après un maxi de quatre titres vendu en concert et donnant un avant-goût de leur style atypique, Meï Teï Shô sort une année plus tard, soit en 2001, son premier album. Xam sa bop, c'est son nom, et c'est le type de disque qui ne passe pas inaperçu. Véritable mélange des genres, Meï Teï Shô c'est l'alliance d'une section rythmique endiablée et triturée avec une voix des plus reconnaissables et des plus charismatiques à la fois. Jean Gomis a.k.a Sir Jean, fils spirituel de Fela Kuti, est ce genre de personnage qui utilise plusieurs langages pour colorer l'instrumental (wolof, anglais, mandjak, créole...), qui varie son chant en fonction de l'intensité musicale et qui parfois, ouvert à toutes collaborations, se dérobe pour poser avec Zenzile (Zenzile meets Sir Jean) ou Ez3kiel. En somme, Meï Teï Shô, c'est une base afrobeat qui vient taquiner le jazz et le funk et tout ça avec une certaine liberté. Et c'est bien là l'essence des lyonnais : une base rythmique proposant un thème sur lequel les autres instruments s'expriment à travers guitare, saxophone, clarinette et bien sûr la voix. Jamais Meï Teï Shô (en japonais, état de transe suite à une surconsommation de riz) n'aura aussi bien porté son nom à l'écoute d'un titre comme "Joe Kool (get ready)" avec une basse hypnotique, une batterie breakbeaté et mécanique, des sons "delayisé" et un chant qui part dans tout les sens. On a souvent assimilé le quartet au mouvement dub car signé chez Jarring Effects. C'est bel et bien là une erreur, car à part quelques sons avec effets ici et là, rien n'est réuni pour qualifier de dub la musique de Meï Teï Shô. Peu importe le style ou les étiquettes, cela doit se vivre en concert car c'est de là que doit être tiré toute la substance de la formation. On pourrait considérer, d'ailleurs, Xam sa bop comme un enregistrement live. Il ne vous reste plus qu'à les imaginer jouer. Pour un premier effort, Meï Teï Shô frappe fort. Un must have pour les personnes un tant soit peu ouvertes aux musiques hybrides.