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Biographie > Les Tétines Noires

A l'heure où sort sur nos platines la deuxième mouture indus-rock des excentriques Limited Teenage Noise Orgasm, aka Ltno, cette anthologie des Tétines Noires tombe à pic pour replacer tout de go le groupe dans le contexte arty où ils sévissaient, il y a plus de 10 ans en performeurs de l'underground barrés et inaccessibles. Car si aujourd'hui, le djeunz branché - mais pas trop - vient bouger son popotin sur la version gonflée à bloc du "Boys Boys Boys" de l'inestimable Sabrina (ah, ces posters centraux, Sabrina d'un côté, Samantha Fox de l'autre!), il ne faut pas oublier qu'en autre temps, autre époque, les Tétines Noires tenaient bien plus du corbeau que de la colombe. On est encore à la fin des 80', et le Comte d'Eldorado n'a encore que 13 ans, qu'il fonde ses Tétines avec son ami Goliam. C'est le début d'une petite aventure qui les conduira à sortir par la suite 3 petits albums (Fauvisme et pense-bête en 90, Brouettes en 92 et 12 têtes mortes en 95) aux limites du conceptuels, 'inspirés par un esprit diabolique à cheval entre un certain sectarisme littéraire et un romantisme échevelé croisant le goth au fond d'une bat-cave, enter minimalisme électro et poussés de guitares acnéiques. Aujourd'hui, Anthology, comme son nom l'indique si bien, retrace l'intégralité de cette carrière dont on ne sait toujours pas si elle est vraiment terminée malgré le succès actuel des Ltno.

Interview : LTNO, interview (juillet 2000)

LTNO / Chronique LP > Anthology

les tetines noires : antho N'ayons pas peur de choquer l'inconscient collectif, peu importe le venin que l'on pourra cracher ici, les Tétines Noires n'ont jamais vraiment eu de fans. Du moins pas au sens propre du mot, plutôt des fascinated-people parmi lesquels ces journalistes aujourd'hui défunts, studieusement appliqué en leur temps à jouer les avocats de la défonce pour faux groupes aux frontières du réel. Et si l'on a fait (à raison) les Tétines grands tenanciers incontestés d'une bat-cave gothico-romantique totalement inédite dans nos contrées, nous ne blesserons personne en relevant que la majeure partie des trois disques réédités ici dans leur intégralité se trouve être totalement inécoutable (voir inaudible, c'est dire) par le pékin moyen. Ce qui était de loin un des plus beaux compliments que l'on puisse faire à la bande du Comte de l'Eldorado, tout entier absorbés à leur monde mystique où personne d'autre qu'eux n'avaient de place, où une certaine poésie lunaire croisait le fer avec de douteuses ambiances à chaque coin de piste, où François Villon errait doucement entre réminiscences new-vawe et sinistres pendus grattant mécaniquement la corde mal huilée de leur potence.
On a pu les détester cordialement. Pour ça, ou pour ce que tout le monde appellera de la morgue. Mais une chose restera, et le respect avec : c'est que les Tétines Noires l'étaient. Noires. Désespérément, jusque dans l'immortalité.