Indus >
La Logique du Pire > Chronique LP / Hiro Shima
La Logique du Pire a franchi quelques marches d'un coup avec ce nouvel opus intitulé Hiro Shima, exit les quelques petits reproches que l'on pouvait leur faire (la proximité de Rammstein -ou de Mass Hysteria pour certains-, un chant pas assez mélodieux...), La Logique du Pire se ressemble enfin et a travaillé en profondeur chaque aspect de son image comme de sa musique pour devenir un tout non seulement identifiable mais aussi remarquable.
Ainsi le trés beau travail de photographe réalisé par Gérard Rancinan sur les survivants d'Hiroshima (on estime le nombre de morts à près de 250.000 dont 75.000 dans la seconde qui a suivi l'explosion atomique) n'est pas qu'utilisé comme artwork, il est aussi à relier à -au moins- trois titres de l'album qui porte le nom de la ville. "Hiroshima" et "Le souffle du diable" sont des ambiances chargées de samples où la tension est plus ou moins palpable, le premier totalement instrumental sert de rampe de lancement au deuxième co-écrit avec Gérard Rancinan qui dans sa façon de lire son texte me rappelle la collaboration entre Maurice G.Dantec et No One Is Innocent sur Utopia. Si on associe les deux morceaux, on déambule durant presque 15 minutes dans les ruines encore chaudes d'Hiroshima et on comprend pourquoi le groupe a mis un espace dans le titre de son album, histoire de distinguer Hiroshima de l'hiro shima (son nom portait son destin, "terre sauvage") forçant du même coup l'auditeur à la réflexion.
Cependant, celui qui préfère se vider l'esprit en écoutant un album pourra également rester en surface, loin des radiations, et se laisser emporter par les riffs et les rythmes de LLP, reprendre les refrains (Courir, jusqu'à perdre haleine) sans creuser et voir la critique de la société/politique extérieure américaine (le Glock posé sur l'Evangile, une vie de rêve loin de Tikrit). Encore une fois, si ça joue vite et bien, que c'est bien produit, il serait dommage de ne pas s'attarder sur les discours qui sont pour le moins engagés ("Personne en face" ou "Le partisan" à propos de notre politique par exemple) et bien écrits. Il n'est donc pas étonnant de retrouver Niko des Tagada Jones sur "Etouffés", les deux combos n'ayant pas leur langue dans leur poche quand il faut s'attaquer à la société de consommation (puisque Nous n'avons rien à perdre). Le métal-indus laissant peu de place aux respirations, on profite de quelques petites intros à base de sample ou de breaks fort bien envoyés ("Masses critiques") pour souffler. Que ce soit le thème principal ou la couleur des sonorités, ce n'est pas trés réjouissant et même si le groupe arrive à nous insuffler une partie de son énergie, on reste grave et quand le tempo de "Bête à concours" s'allège des gros coups de butoir avec le remixage d'E.D.A. (Enhancer), on n'entre que plus dans les textes et son constat accablant...
Sur la partie CDRom de l'objet, tu peux mater "Est / Ouest" en live, suivre les liens proposés par le groupe et écouter 5 remixes assez intéressants. La version digipak contient du bonus en veux-tu en voilà et comme il en reste un peu, je vous le mets quand même ! En plus de l'album (et de ses propres bonus), on a donc le droit à un DVD dénommé Manhattan project avec des dizaines de photos, un live complet (10 titres !!!) du groupe version "show case" sans public mais dans le décor qui leur sert également d'artwork, un making of de l'enregistrement du disque (dans une école) et un autre making of de l'écriture de "Le souffle du diable" avec Gérard Rancinan, l'auteur des photos.
Le travail de La Logique du Pire est énorme car réfléchi et percutant. C'est suffisament rare dans le monde musical d'aujourd'hui qu'il faut en profiter au maximum.
rancinan.com
(62 hits)
Note :
les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.
> Lire la dépêche
> Lire la dépêche
> Lire la dépêche
Voir les archives -

- lalogiquedupire .com: site officiel
(33 hits)

- lalogiquedupire: MySpace
(38 hits)



[-] La Logique du Pire [Renaissance !!!]
Second soufle ! Après 5 ans d'absence ! Un travail énorme pour un GRAND ALBUM il n'y a pas d'autres mots.