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Biographie > Electro trip pop

Juan Trip est comme son nom le laisse supposer, un groupe né sous l'influence de substances psychotropes que l'on ne cherchera pas ici à banaliser, au contraire. Son chef de file ayant été entre autres élevé dans une communauté hippie, la musique du groupe se fait comme on l'imagine aisément largement psyché. Electronique, pop, ambiancée, la musique de Juan Trip est aux confluents d'un rock polymorphe, d'une éléctro mystique et des ambiances hallucinatoires. Revendiquant autant l'influence du mythique Velvet Underground que des non-moins cultes Sonic Youth en passant par les frenchies de Air ou les monstres sacrés que sont les Pink Floyd chers à notre Oli national, Juan Trip délivre une musique étonnamment riche et variée que l'on découvre le temps d'une poignée d'EP et maxi-CD puis d'un premier album "ovniesque" baptisé Balmy Under the Stormy (2000, PIAS). Tout ça, avant de débarquer mi-2006 sur le W-Fenec avec pas moins de 16 titres sous le coude et un album sobrement intitulé Consolation.

Juan Trip / Chronique LP > Fireplace

Juan Trip - Fireplace Consolation, opéra-rock psyché et halluciné, lui avait permis de se révéler aux yeux du grand public en tant que compositeur (notamment via un intermède cinématographique sur la BO de Broken English de Zoe Cassavetes, la fifille de son génial réalisateur de père (John pour les non-cinéphiles), Juan Trip passe aujourd'hui la seconde avec Fireplace. Après une solide carrière de DJ/producteur dans les nuits parisiennes et notamment pour le label F-Communications, le voici désormais affranchi de son image de clubbeur pour s'imposer comme un auteur à part entière avec ce deuxième effort.
Un disque ouvertement psychédélique, orienté 60's et oeuvrant dans un registre rétro-futuriste lunaire et souvent expérimental. Une vingtaine de plages sonores habilement trafiquées, arrangées et portées à ébullition avec un souci du détail renvoyant imperceptiblement au Velvet Underground. Revival new-age, ambiances narcotiques, mélodies embrumées, arrangements qui ondulent à travers des compositions qui nous ramènent à Woodstock, en plein coeur du mouvement hippie. Rock aux tendances bluesy, couleurs musicales dépaysantes et textures expérimentales post-modernes truffées de petites trouvailles sonores directement importées des 60's, le cocktail servi sur un plateau d'argent par Juan Trip nous fait voyager dans le temps et l'espace sans pour autant parvenir à nous (me ?) convaincre complètement.
Certes il n'y a ici aucun anachronisme, Fireplace se révèle soigné et raffiné, cohérent dans sa vision artistique, une oeuvre au nappage psychédélique qui ne l'empêche pas de conserver un véritable esprit rock. Juan Trip est ici parvenu jusqu'au bout de son concept, aux résonances finalement assez personnelles (il a vécu à l'âge de 9 ans dans une communauté hippie des Pyrénées-Orientales)... il ne nous reste plus qu'à le suivre dans son voyage musical à travers le temps.

Juan Trip / Chronique LP > Consolation

juan_trip_consolation.jpg Consolation débute dans une ambiance de western post-moderne sous acide avant de poursuivre sa route dans des contrées musicales en forme de road-trip halluciné. Promenant son insouciance aussi bien que ses nappes électro-trip-hop suaves le temps des seizes morceaux que compte son album, Juan Trip se fait tour à tour hypnotique, suggestif et extrèmement mouvant. Sa musique multi-éthnique est une sorte de kaléidoscope empreint de sérenité et de liberté absolue. Le mot est lâché, à l'écoute de cet album, on se sent instantanément happé par un sentiment de liberté sensorielle plus fort qu'aucune substance illicite ne pourra jamais en procurer (comme quoi....). Nous faisant voyager d'un bout à l'autre du globe, entre influences orientalisantes et sonorités amérindiennes, entre instrumentations spatiales et textures électroniques, Juan Trip nous fait voyager dans l'espace, le monde étant son terrain d'expérimentations musicales, mais également dans le temps. Ancrant sa mixture électro-ethno-pop dans une atmosphère sixties et y délivre des beats suaves au milieu d'un groove étonnamment chaleureux. Remède miracle contre les maux de notre temps, Consolation porte à moitié bien son titre (il n'y a aucune tristesse dans ses morceaux) puisqu'il il possède une véritable faculté d'apaisement de l'esprit. Avec sa vision panoramique de la musique électronique, Juan Trip met en place des ambiances suaves et cotonneuse, entre torpeur et douce inconscience. Au travers d'un album riche et varié, le groupe joue la carte du revival psychédélique et rend un élégant hommage aux pionniers du genre (Velvet Underground notamment). Entre pop, trip-hop, électro et opéra rock psyché, Consolation, s'il n'est pas forcément un album innovant d'une grande pertinence niveau provoc (une éloge plus que douteuse à la consommation de substances hallucinogènes...), reste un opus particulièrement agréable à écouter.