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The John Venture
CD+DVD : The john venture Date de sortie : 04/10/2006 |
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Longtemps, avant de posséder l'objet, je me suis demandé si ce disque ressemblerait plus à une co-participation de deux groupes (du type split-CD) ou à une nouvelle formation, un organe totalement indépendant. Et c'est en lisant la biographie, puis en écoutant et en visionnant chaque disque que mon point de vue s'est très vite installé. Et si vous connaissez un tantinet l'architecture du W-Fenec, vous aurez déjà compris qu'il s'agit bel et bien d'une entité à part entière que Angil et B R Oad Way ont créé.
Ne connaissant Angil que par quelques titres et à travers des chroniques, l'élément de comparaison le plus sollicité sera B R Oad Way pour qui j'ai été un des premiers à succomber à leur 06:06 am. Mais pour The john venture, il en est tout autrement. Etant plus à la ramasse au niveau du calendrier (le temps d'ingurgiter l'heure du CD, le DVD et ses bonus ainsi que de se renseigner un minimum sur Angil), cette chronique ne sera qu'une de plus dans la pile saluant déjà le rapprochement des deux formations. Mais qu'importe ! Puisque le projet est une réussite totale, se priver de le souligner serait parfaitement impardonnable.
Expérience salutaire, accouplement en plein vol réussi, traçage de nouvelles pistes, défrichage de sonorités, collisions d'univers où accointent mélodies écorchées et rythmes digitaux peuvent définir (partiellement) le travail accompli par cette association de talents. Vous l'aurez compris, ce n'est pas ici que The John Venture se fera dégommer ; impossible pour moi de dénigrer, d'un point de vue artistique, la coproduction servie par 6am Prod et Unique Records.
Par rapport à 06:06 am, The john venture semble plus accessible et moins conceptuel. En effet, chaque piste est indépendante, leur format est quelque peu standardisé (quand même de 4 à 8 minutes !), les compositions sont plus énergiques, et le flot de paroles (majoritairement en anglais) est bien plus soutenu, jusqu'à atteindre un improbable rap sur fond d'électro-folk ("Stein waltz"). The John Venture joue avec les chiffres de "Approximate turnover company" ("four, fourteen, thirteen, six, nine, thirteen, nine, two") ou avec les mots (de "unbelieva-fucking-ble" à "absolutely fucking" en passant par "unbe-fucking-lievable") de "Old europe" et se fait aussi érotique dans son propos que jazzy dans sa musique, en compagnie de Soul Jah'Zz sur "Night shift day shift". Si les B R Oad Way sont en supériorité numérique, ils laissent Angil s'exprimer pleinement et même prendre le contrôle du jeu à certains moments ("What extra mile ?"), avant que les rôles ne s'inversent ("Coin-operated") ou que tout simplement, les deux entités se confondent ("Names", "Old europe").
Vous n'alliez pas partir sans une part de DVD ! Forcément, on perçoit la "B R Oad Way's touch" puisque c'est VJ Raize qui s'est chargé d'endosser le rôle de vidéo-jockey, et le rempli à merveilles. Tout comme la musique fournie sur le CD, les vidéos sont moins conceptuelles que celles de 06:06 am. Chaque piste raconte une histoire (parfois énigmatique) et se termine souvent avec les images par lesquelles elle a commencé. On y retrouve le dispositif utilisé par B R Oad Way, à savoir emploi d'archives en noir et blanc (même si la couleur s'invite à plusieurs reprises), chevauchements d'images, répétitions de séquences (vu que la musique s'y prête bien), grignotages... Avec un gros coup de coeur pour l'illustration du somptueux "Imaginary physical ailments".
En plus de la performance vidéo, quelques bonus sont ajoutés, histoire d'en avoir pour ses 10 euros (via CD1D, par exemple) ! Chaque intervenant apporte son point de vue sur l'expérience, Michaël "Angil" Mottet nous explique succinctement comment s'est déroulé l'enregistrement et enfin, un "No comment" nous laisse pendant une dizaine de minutes découvrir l'enregistrement de l'objet par nous-même. Le seul point faible (presque insignifiant aux vues de la qualité de l'objet, mais le W-Fenec est impitoyable) réside dans le volume sonore légèrement trop élevé de la musique (perso, je l'aurais carrément coupé) superposée aux interventions des protagonistes...
M'enfin, pinailler devant une telle oeuvre est carrément indécent ! Après les divers disques d'Angil & The Hiddentracks et la première production de B R Oad Way, les associés stéphanois prouvent que l'on peut très agréablement surprendre en osant des mélanges hétéroclites tout en parvenant à générer une musique captivante et (très) originale.
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