indus Indus > Guns of Brixton

Biographie > les flingues de Brixton

Cyrille (guitare), Nico (basse), Sidoine (batterie) et Steven (clavier, machines) forment Guns of Brixton en 2003 aprés avoir chacun connu l'expérience d'autres groupes de rock dans la région de Caen. Ils prennent le nom du groupe dans la track-list du cultissime London calling de The Clash. Brixton, c'est un quartier de Londres où s'est installée la communauté jamaïcaine (et donc le reggae) mais aussi les violences policières (dénoncées par les Clash). Plutôt dub, le quatuor n'en est pas moins rock, ce nom leur va donc très bien... Fin 2004, ils sortent Near dub experience, un NDE qui est leur acte de naissance et les propulse dans les bacs et même au Printemps de Bourges (2006), les revoilà avec un album bluffant distribué par Pias : In. Dub. Out.

Review Concert : Guns of Brixton, Dub Trio dégaine le Glazart (mai, 2012)

Review Concert : Guns of Brixton, Guns of Tannerie (avr. 2009)

Review Concert : Guns of Brixton, Guns of Dunkerque (nov. 2007)

Interview : Guns of Brixton, In.terview polaire (Janv. 2013)

Interview : Guns of Brixton, In. Ter. View (nov. 2007)

Guns of Brixton / Chronique LP > Inlandsis

Guns of Brixton - Inlandsis Guns of Brixton poursuit la route débutée avec Cap Adare et de la frontière entre terre et mer australe, on passe à ce gigantesque bloc de glace qui recouvre le continent, l'Inlandsis. Mais retire ta chapka et tes moufles car à l'écoute de ce nouveau voyage, si tu tremblottes, ce sera d'effroi ou d'émotion plus que de froid tant la musique des Normands nous enveloppent et créée une bulle protectrice autour de nous. Cette armure se construit tout au long d'"Hibakusha", ceux qui ont survécu aux bombardements atomiques commencent par nous cajoler avant de mieux nous faire supporter les attaques des riffs radioactifs, l'orientation post-rock adoptée par le combo est ici affirmée, les côtés dub et humoristiques sont eux abandonnés devant la gravité des propos pourtant souvent instrumentaux.

Passés l'oeuvre introductrice de plus de sept délicieuses minutes, on fait un petit tour en Germanie ("Du bist mir vollkommen egal") avec un peu plus d'agressivité de la part de la basse et des guitares mais ce n'est rien à côté du "Il ne restera que des silhouettes" aux textes hurlés et aux ambiances post-hardcore qui raviront les fans d'AmenRa et hérisseront les plus sensibles à ces érailleries sauvages accouplées aux mélodies épurées. Ce premier coup de griffe et de maître est suivi d'un deuxième, "Téphras" qui déboule toute distorsion au vent et fait grimper l'intensité de façon assez magique. Les flingues tirent là encore davantage dans la direction de Mogwai (pour ne citer qu'eux) que vers les Slash. Le "Retour du Japon" se fait avec véhémence et des rythmes appuyés, on sent un peu de rancoeur et une certaine envie d'en découdre... On retrouve les sonorités qu'affectionnent les Guns of Brixton face à la "Porte close", un petit gimmick de guitare, une batterie qui se met en place tranquillement et de nouveau un chant crié du plus bel effet (Amanda Woodward venait de Caen également...). La titre suivant est un leitmotiv entêtant, celui qui explique l'origine du nom du groupe, le sample des actualités des années 80 expliquant la situation à Brixton est porté par des instruments encore une fois très inspirés. L'étape suivante nous fait descendre au Sud et remonter un peu davantage le temps, à "Alger" on croise la mémoire d'un soldat et ses souvenirs de tortures sous fond d'accords tortueux et heurtés à moins que cela ne soit l'inverse...

Après un tel récit, une voix féminine reprend le dessus pour nous éclaircir les idées sans pour autant tomber dans une démagogie manichéenne, une voix masculine bien plus sombre jouant discrètement à noircir son tableau. Chef d'oeuvre encore. Inlandsis les enchaîne donc comme autant de perles de culture. Fin du voyage, retour sur "Terraform" où l'atterrissage est difficile, la bulle protectrice s'évapore, il va de nouveau falloir affronter le monde qui nous entoure. Un monde chargé d'Histoire et d'histoires, un monde où certains territoires sont encore vierges de la folie des hommes, un monde où le vent souffle sans autre obstacle que la nature, ces "8 minutes en Inlandsis" ne sont qu'une bouffée d'air frais avant de replonger dans l'univers glaçant des Guns of Brixton plus que jamais maîtres de leurs sujets.

Guns of Brixton / Chronique LP > Cap Adare

Guns Of Brixton - Cap adare Guns of Brixton joue une musique non conventionnelle dans un pays où le rock et encore moins le dub n'émeuvent les foules, à la crise du disque, la crise des lieux culturels s'est ajoutée la crise tout court... Pour ne pas crouler sous les dettes, les Caennais ont cette fois-ci décidé de ne pas faire presser leurs compositions et de directement les livrer au format numérique... Après tout, puisque tout le monde consomme du MySpace et du Mp3, préfère télécharger et graver, autant jouer la carte du virtuel à fond. Et si ça revient moins cher à tout le monde, on a tous à y gagner... à condition de respecter les règles.
Pour ceux qui auraient raté les premiers épisodes, Guns of Brixton est un groupe d'aventuriers, partagé entre le rock, le punk et le dub et pour ce nouvel opus, ils ont mis de côté leur humour (en partie, hein) et leur science du jeu de mot mage (In. Dub. Out, Near dub experience) et oublié de placer le "dub" (on le trouve quand même en milieu de track list : "Dub's not dead"), il faut dire que ce Cap Adare est certainement leur album le moins marqué par ce style et un des plus aventureux... d'où ce nom qui appartient aussi à un petit coin de l'Antarctique qui a servi de base lors de nombreuses explorations. Qui dit "moins dub" (même si on retrouve évidemment pas mal des gimmicks qui font la force du genre), dit "plus rock" et en l'occurrence, plus "post-rock" voire "punk-rock", quand il est instrumental, l'album de Guns of Brixton nous emmène assez loin à la découverte de paysages méconnus et d'ambiances bien plus chaudes que celles du pôle sud. Mais entre les invités et leurs prises de micro, il arrive que le chant nous malmène et nous ramène à notre réalité, telle la fin de "Cannibale" qui vient nous arracher à nos rêves après deux plages somptueuses aux riffs enveloppés et aux vertus relaxantes. La guitare incisive de "The burden of betrayal" est de toute beauté, le renfort de Marc des SugarTown Cabaret et les breaks sans saturation font de ce morceau un des sommets de l'opus. L'inquiétude monte avec "A sound that never sets" et on vit ensuite "8 minutes au Cap Adare", une nouvelle escalade, en compagnie de Bruno et Sam des Rat'sveltes, et à l'arrivée, des écorchures chantées qui font hérisser nos poils. Quand Pierre et Thomas des Burning Heads déboulent ("Another strange day of life"), on retrouve l'essence du combo à savoir un mix entre le dub old school et un punk bastonnant la caisse claire, c'est un bon moment mais je préfère quand les Guns of Brixton la jouent moins collectif et se laissent dériver (parfois un peu trop loin, en témoigne la partie "chantée" de "20 000 lieues sous l'éther") et la compo n'a pas forcément besoin de faire plus de 5 minutes pour nous transporter ("Last coma after a slow dance"). "Ajoute l'enfer" nous fait quitter Cap Adare, dans le bateau sont montés quelques samples, Bruno de Ravi et des cloches qui sonnent le glas d'un album magnifique.

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Guns of Brixton / Chronique LP > In. Dub. Out

guns of brixton : in. dub. out Que ce soit bien clair, je n'aime pas le dub. Alors quand j'ai lu In. Dub. Out, je me suis dit "ce CD là ne va pas rester longtemps sur ma pile" et ça a été un choc. Car les Guns of Brixton ne font pas du dub, ou alors c'est un dub d'un genre nouveau, une sorte de post-dub où les guitares sont omniprésentes et les influences du reggae plus que remisées au fin fond des compositions. Ca fait maintenant quelques semaines que les Guns of Brixton sont sur ma platine et j'ai du mal à décrocher...
L'opus s'ouvre avec un titre plus que risqué, "Devant leurs yeux" : quelques mots extraits d'un texte à propos du génocide juif, le sample occupe tout l'espace, on est assailli par les images mentales des atrocités commises par les nazis, les guitares écorchent la peau autant que les mots, Guns of Brixton n'est pas là pour présenter, on est définitivement "in" dés le début. Même ambiance sonore pour "La Marche des lacunes" mais pas de textes aussi forts, le poids, la lourdeur et la masse sont apportés par les rythmes, là encore les guitares rock ne font pas de la figuration et prennent le pas sur les influences dub/reggae qui restent sagement à l'arrière-plan. Changement de décor avec "911", la troisième plage et un troisième titre excellent... Un morceau "chanté" ou plutôt parlé, aux textes option poésie urbaine répondent des sirènes policières et des bruits de reportages live type CNN, les quelques pointes dub viennent marquer le tempo, Guns of Brixton justifie encore son nom. Guitare acoustique et sample du discours du lancement de la première guerre du golfe, "Operation bretzel" est encore un titre où l'histoire et l'actualité forcent à la réflexion, cependant la musique est plus légère, moins oppressante. On se prélasse ensuite "8 minutes en Corse" avec une guitare agressive et des nappes de clavier assez sombres, je ne suis pas sûr que ce soit le bon côté de la Corse qui nous soit présenté... Les titres qui suivent expliquent davantage le "dub" du titre de l'album, qu'il soit agrémenté d'électro ("Le train fantome") ou de cuivres ("Sachem in Russia"), il prend une place plus importante, mais vu qu'on est habitué aux atmosphères du groupe, même si on n'est pas amateur de dub, ça passe comme une lettre à la poste... Pour le "out", c'est "Septentrional", un titre à l'architecture post-rock du plus bel effet, l'électricité de la guitare nous guide vers la sortie, qui comme l'entrée, se fait par la grande porte. Chapeau bas.