indus Indus > Dirty Shirt

Biographie > j'ai sali ma chemise

Les pays de l'Est ne sont pas encore trés connus pour leurs groupes de rock mais là-bas aussi il y a des énervés qui jouent avec leurs instruments... Pas évident de connaître le niveau de reconnaissance de Dirty Shirt en Roumanie mais toujours est-il que leurs deux dernières démos (qui datent de 2004) sont arrivées dans ma boîte aux lettres (et Contradictie le titre de leur démo 2001 me rappelle un truc métal indus...). La naissance de ce groupe remonte à 1993, date à laquelle Eclipse change de nom pour Dirty Shirt, suivront des démos (K7 à l'époque) et quelques remaniements, le line-up s'est solidifié avec le nouveau millénaire, ils sont donc six à oeuvrer (Dan, Mihai, Pal, un autre Dan, Cristi et Vlad) pour que leur métal-indus émerge. En en mars puis en novembre 2004 sortent donc deux démos : Different et Revolution, regroupées pour la promo en France, on chroniquera l'ensemble sous le nom de Revolution.

Interview : Dirty Shirt, Dirty interview (août 2015)

Dirty Shirt / Chronique LP > Dirtylicious

Dirty Shirt - Dirtylicious Dirty Shirt nous a habitué à de bons albums mais alors celui-là... Il est vraiment exceptionnel !!! Dirtylicious, c'est la somme de tout ce que les Roumains ont fait de mieux jusqu'à maintenant. En prouvant une fois de plus que l'on pouvait tout mélanger et tout amalgamer, le combo prend le meilleur de ce qu'il aime ailleurs pour l'intégrer dans son métal balkanique folklorique avec délice.

Un groupe roumain, un producteur français, un mixeur américain, un artwork plutôt mexicain (en fait non, c'est également une tradition roumaine -locale- de décorer les sépultures avec des cranes multicolores), secoue bien fort et tu obtiens un putain d'album métal, une bombe qui pourrait être mondiale tant les sensations ressenties peuvent toucher qui que ce soit où que ce soit car qu'est-ce que ce Dirtylicious est organique ! Impossible de résister à ces rythmiques, à ces riffs, à ces chaloupages, à ces orientalités, à ces coups de gueule comme à ces mélodies, tout est ciselé pour nous percuter le corps et l'esprit.

Et même quand le groupe va chercher au plus profond de ses racines avec "Ciocarlia" ou "Calusarii" (les pistes instrumentales qui nous plongent dans une ambiance speed-folk locale et qui ouvrent et ferment l'album) ou les différents textes dans leur langue maternelle (je n'y comprends absolument rien, même avec les textes dans le livret), bref, même quand on se retrouve au fin fond d'une fête roumaine distordue, et alors que ce n'est pas du tout notre culture, ces violons, ces sons, cette énergie nous ravissent... Si tu as kiffé les quelques passages bien "arméniens" de SOAD, tu risques d'A-DO-RER cet album salement délicieux.

Dirty Shirt nous a écrit un paquet de titres qui s'écoutent et se réécoutent indéfiniment sans jamais perdre en saveur et en plaisir. Dirtylicious n'est pas seulement un prétendant au titre de meilleur album de métal roumain ou du meilleur album de métal mais tout simplement un des meilleurs albums de l'année. FELICITARI !!!

Dirty Shirt / Chronique LP > Freak show

Dirty Shirt - Freak show Il semblerait que Silverchair n'ait pas trop cartonné en Roumanie... ou alors les Dirty Shirt ont délibérément intitulé leur nouvel opus comme le dernier (et deuxième) bon skeud des Aussies. Passons. Enregistré entre la Roumanie, la Grande-Bretagne, la Finlande et la France (Grenoble), ce Freak show est mixé par notre Kallaghan national à ... Los Angeles, appuyé à la prod' par le guitariste/pianiste/machiniste/activiste Mihai Tivadar et devine-quoi ? Et bien ça sonne méchamment mais ça tu t'en doutais alors passons aussi.

Tel un spectacle de monstres, les Dirty Shirt font défiler des titres aux ambiances assez différentes et ne lésinent pas sur le contraste pour faire ressortir quelques bizarreries en plus de leur habituel clash aux chants (ceux de Dan et Robi étant plus que complémentaires). Sur la base métal-indus s'empilent à la fois des sons acoustiques, des parties de violon, une grosse dose de folklore local et des sons samplés venus d'on ne sait trop où... C'est parfois déconcertant ("Bad apples" est halluciné comme hallucinant), parfois mélodieux ("Away"), parfois débordant d'énergie ("Extreme funky disco"), parfois jouissif et festif ("Rocks off") mais c'est rarement pareil et si les sonorités et les voix assurent en fil conducteur, il est assez difficile de rester immerger dans un opus aussi explosif.

Pas simple alors de sortir des morceaux du lot compilé dans ce Freak show, pas simple pour deux d'entre eux... Le premier parce qu'il utilise un chant roumain traditionnel ("Saraca inima me") sur un tempo assez calme mais dans une atmosphère lourde. On est loin des passages funs made in Balkans de System Of A Down ou d'Emir Kusturica... L'autre titre qui m'a tapé dans l'oreille, c'est "Trust me", tout en puissance, le riffing est simple, efficace, sans bavure alors que le ton est très vindicatif et le message trafiqué par des effets robotiques, grâce à un gros travail sur les samples, ce titre gagne en complexité mais ne perd rien de son potentiel destructeur !

Dirty Shirt / Chronique LP > Same shirt different day

Dirty Shirt - Same shirt different day Quand il ne se fait pas dégager à coup de bottines du territoire hexagonal, le roumain est du genre coriace surtout quand il s'apprête à débarquer par chez nous avec sous le bras, une petite bombe metal indus cousue main au Kallaghan Studio (iBurn, Hewitt, Sikh, Really Addictive Sound...). Et dès "Tell me why", le groupe met les c... sur la table envoie du gros son bien lourd dans les enceintes. Metal indus trempé dans l'azote liquide, furia décomplexée dopée à la testostérone et groove addictif lesté de plomb, le tout dompté par un double chant aigu/hurlé qui fracasse, le Dirty Shirt nouveau a les crocs et le fait savoir (c.f : l'énorme "Sandu Porcu").
Quand il s'agit de lâcher le "Pitbull" roumain, le groupe la joue intro néo classique, outro tout aussi classique et au milieu déracine tout ce qu'il lui passe en travers de la tronçonneuse en nous faisant tâter du riff qui savate, de la mélodie abrasive et des textures électro-indus percutantes à souhait. Ici, question de sous-culture égocentrique sans doute, on n'y comprend plus trop rien mais chez eux, on appelle ça un tube. Et c'est bien légitime. Surtout quand derrière, le Dirty Shirt gang empile des titres de la trempe de "Feel it" ou "East west" (avec en guests mademoiselle Candice d'Eths, la doublette K-Lee & Daniel (Tripod), Mat (Babylon Pression) et Charles "Kallaghan" Massabo (Sikh, Really Addictive Sound, Overly Green, également aux manettes de l'album donc...). Du lourd.
Car le groupe distille avec cet album ce qu'il sait faire de mieux et, c'est armé d'un gros son en acier trempé, qu'il distribue les baffes indus metal façon sniper. C'est précis, méthodique, propre, net et sans bavure. En bref, d'une rare efficacité. Gorgé de samples (l'interlude "New Millenium"), ou dompté par un flow agressif et salvateur ("Manifest"), véritable hymne au headbang et jump foudroyant, Dirty Shirt transforme ce qu'il touche en petite torpille sonique, "Luna" et ses sonorités héritées des traditions musicales des Carpates, "Gone" qui nous la joue sexy groovy pour mieux nous en mettre une bonne derrière la nuque sans prévenir, ou encore "Burning", qui l'air de rien injecte un savant dosage de (néo)metal sulfurique dans les amplis pour préparer le terrain à l'excellentissime "UB" (avec une nouvelle fois Kallaghan en renfort vocal), avant ce "Bolnav" mélangeant avec tout en puissance gros son et feeling d'Europe centrale. Fun, décomplexé, mortel quoi...

Dirty Shirt / Chronique EP > Revolution

dirty shirt : revolution Les deux démos de Dirty Shirt ne sonnent pas la charge de la Revolution et ne sont pas trés Different de ce qu'on nous propose dans le style électro-métal-indus avec un peu de glam-pop pour enrober tout, bref à l'Est rien de nouveau mais les Dirty Shirt apportent du son de Roumanie alors autant s'attarder un peu sur leurs prods. Le son d'ensemble est correct, le seul hic, c'est le son du clavier et des samples qui au mieux font penser aux premières maquettes de Depeche Mode, c'est bien dommage car l'électro est omni-présente tout au long des compos et plombe un peu les guitares, la batterie sonne un peu léger aussi, surtout lors des passages les plus lourds qui voudraient aller courtiser les amateurs de Rammstein. Les deux démos et 2 titres bonus se laissent écouter et au moment de faire les comptes (et donc d'écrire cette chronique !), Dirty Shirt s'en sort avec la moyenne car ils sont capables de très bonnes choses ("Tell me why" ou "Skizo") qu'ils placent à côté de titres qui font peur ("Loneliness" ou ce qu'aurait été The Fragile si Kyo avait aidé Trent Reznor...), parfois, le meilleur et le pire se marient sur le même morceau, "Gone" fait les frais d'une construction un peu spéciale où vient se placer un truc zarbi qui sort de nulle part ... Au moins "Revolution" est une plage à part entière où le délire du groupe s'exprime sans blesser personne... La voix féminine de "Break up" apporte un petit plus (là où le son de la machine amène un moins) et les ovnis folklo-speeds en bonus sont assez sympathiques...
Dirty Shirt varie les effets, a de bonnes idées, avec un bon directeur artistique et un peu de matos (un sampler, un vrai !), ils devraient progresser et pouvoir rivaliser avec le reste du monde indus...