Dekeey - Blind Deux titres seulement, même pas de MySpace et juste un pseudo, celui d'un one-man band derrière lequel se dissimule discrètement Dmitry "Dekeey" Kalinin, vocaliste/producteur/DJ arrangeur natif de Moscou, lequel profite de l'opportunité Jamendo pour dévoiler du son librement sous la forme d'une démo EP intitulé Blind. Pas de temps à perdre en conjectures donc, Dekeey envoie directement la sauce. Le morceau titre avance en aveugle et l'homme-machine nous fait instantanément recouvrer la vue : indus corrosif aux pulsations métalliques, textures répétitives destinées à être enfoncées dans le crâne de grès ou de force façon crossover entre Ministry et Black Light Burns, chant habité mais habilement mis en retrait au profit des arrangements, en deux minutes trente six secondes montre en main, Dekeey fait dans le simple, brut de décoffrage, mais efficace.
Deuxième titre avec "Things that overcome" et là, on sent tout la portée qu'ont pu avoir Nine Inch Nails et Skinny Puppy sur toute une génération de musiciens bercés aux sons triturés à l'extrême de ces génies de la manipulation sonique. Sous influence certes, Dekeey fait ici vrombir les machines et en extrait un nectar acide et glacial. Une froideur clinique à la Orgy dans les arrangements et une propension à rester fidèles aux maîtres du genre pour leur rendre un hommage quasi avoué sous la forme d'une démo à la fois fulgurantes et tectonique (non pas tecktonik hein...). Deux titres donc, même pas six minutes de musique au compteur, c'est évidement court, trop même pour se faire une idée définitive sur le cas Dekeey, mais en l'état, ça mérite assurément d'en savoir plus. On furète alors un peu sur la toile, on découvre une vague page plus ou moins officieuse, un troisième titre, proposé à l'écoute ("Alive") et vraisemblablement destiné à carboniser le dance-floor sous les coups de boutoir de son indus technoïde sulfurique. Bref, mais intense donc...