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Dein Schatten > Chronique LP / Das ewige eis
Le titre ressemble à un marteau-piqueur à la Rammstein, mais "Er kommt zurück" n'a absolument rien à voir, entrée en matière calme, voire inquiétante, pieuvre qui étend lentement ses tentacules, le refrain donne toute sa dimension à ce titre tentaculaire, synthétiseur léger, une voix douce et ferme, qui se fond dans un brouillard électronique, une vapeur synthétique souple qui revient à intervalles réguliers. La voix de BornZero est envoutante, lente, elle hante les hautes sphères musicales, reste droite dans les lames de synthés.
Dark-wave ou électro-métal, Dein Schatten offre une fusion électronique savoureuse, comme sur le très slave "Das tier", dont les choeurs déambulent, s'offusquent avec passion, ou des titres avant-gardiste tel que "Free" et "Ewige eis" aux influences antinomiques.
Si Leipzig a connu J.S. Bach et ses pièces d'orgues magistrales (Toccata et Fugue en Ré mineur, BWV 565...), Dortmund sert de dortoir à Dein Schatten qui se sert d'un orgue dans une caricature magnifique d'une tube disco de la fin des années 80 que la moitié de l'Europe a fredonnée, "My name if Luc(if)a" mérite un bis repetita sans concession.
Les ambiances de Das ewige eis font l'objet d'une attention toute particulière, "Tränen der seele" qui rappelle un The fragile, "Er kommt zurück", "Woanders sein", les nappes de synthés s'empilent, s'annihilent, s'interpénètrent, se repoussent, tissent le tissu sonore inlassablement, insidieusement, changeant subtilement les reflets, les échos, la syntaxe et l'éthymologie. BornZero est un magicien du son, dont la baguette magique est un iMac, lui permettant l'enregistrement, l'édition, le mixage et l'échantillonage..
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