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Biographie > 6-8 en force !

Pour celles et ceux qui chercheraient une signification transparente du nom D-Bangerz, il faut tout simplement qu'ils mettent leur nez dans le passé de ces garnements mulhousiens. Par moment, cela ne va pas chercher bien loin puisque le groupe est né d'une fusion. Un peu comme les entreprises en fait, sauf que là ce sont quatre MC (rappeurs, ça marche aussi) et un DJ/producteur. Ce dernier appelé Broad Rush officiait dans Head Bangers avec James Res et Mic L'Ori, tandis que Boston J et Astrokif déversaient leurs lyrics dans D-Fenderz. Leur première prestation ensemble fut une première partie de Chinese Man dans un Noumatrouff (salle bien connue de leur ville d'origine) blindé en octobre 2011. Pas mal comme début, surtout que l'aventure se poursuit sur scène avec des prestations remarquées au Festival Caméléon à Kingersheim suivi du Printemps de Bourges en 2013. Leur hip-hop hybride mâtiné d'électronique à fortes basses (dubstep, trap music) se traduit sur Boite à musique, un premier EP de 6 titres sorti début 2014 (récompensé par une prestation aux Eurockéennes), puis un an plus tard via un premier album intitulé Hip-hop centipède.

D-BangerZ / Chronique LP > Hip-hop centipède

D-Bangerz - Hip-hop centipede Le premier LP des Mulhousiens doit beaucoup à leur producteur, Broad Rush, un gars ayant signé des titres pour Orelsan, Grems, PMPDJ et venant de chez Château Bruyant, maison française d'excellence en terme de bass music (mais pas que...) d'où sont issus entre autres Niveau Zero, The Unik, Balkansky et Youthman. Pas étonnant d'entendre dire ci et là que D-Bangerz représente le hip-hop du futur tant les mélanges des genres et des sonorités sont maîtrisés à la perfection. Du tube aux basses bondissantes et aux lyrics affirmées et appuyées de "Putain je m'en lave" à "Moutons" et son dubstep survitaminé, en passant par le revival old school de "Lorem ipsum" faisant penser à leurs collègues de 1995 et Hocus Pocus, Hip-hop centipède sort des sentiers battus, ne s'attache à aucune obédience et le fait valoir en invitant des artistes tous aussi différents. A commencer par la gent féminine représentée par les canadiennes Random Recipe sur un "Copycat" plein de bonne volonté mais qui peine à convaincre par son manque d'entrain, à l'inverse du tonitruant "Hold up" exécuté en compagnie des excellents Virus Syndicate, quasi l'équivalent outre-manche des D-Bangerz, dans lesquels les deux formations prouvent que l'électro dancefloor peut facilement se marier avec le hip-hop. Mais en doutait-on ?

En référence à "Human centipede", film d'horreur parlant d'un chirurgien allemand qui kidnappe des touristes pour les joindre les uns aux autres par la bouche et l'anus afin de former un mille-pattes humain (bon appétit !), ce premier album devrait plaire aux fans des Svinkels, d'Orelsan, de Black Taboo, de TTC, de Chinese Man et de tant d'autres. Bref, du peu-ra de blancos bien torché pour des amateurs d'humour acerbe et d'autodérision, de dancefloor aussi et pour des gens ouverts un tantinet sur l'électro quand même. A l'inverse de cette fraction du rap français clanique formé de faux-gangsters égocentrés dont les idées socio-politiques tendent faussement plus vers la droite que la gauche.