Colapsus / Chronique LP > Invisible songs
Invisible, c'est peut-être un peu fort comme terme mais il est vrai que les chansons de Colapsus se font discrètes, l'ambiance est celle d'un piano bar avec sièges en velours, smokings, moquette, lumière tamisée et David Lynch en garçon pour apporter les whiskys bien tassés. Dans le coin le plus sombre on voit la silhouette de Mike Patton se dessinait à contre-jour, la lumière vient du sol mais est trés chaleureuse. Cette boîte est très bien fréquentée mais on la dit hantée, en cherchant un peu dans les placards, on pourrait retrouver les corps d'un quintet de jazz qui jouait là dans les années 30 et que le tenancier de l'époque n'avait pas pu payer... Les nouveaux propriétaires ont passé le coup de balai sur tout ça, ils ont même refait la cave, car par temps de pluie (et Dieu sait qu'il pleut souvent) le sol bougeait un peu, les mouvements souterrains ont disparu, la fraicheur de la cave aussi, désormais le samedi soir on y passe des disques, une musique déshumanisée qui n'a rien à voir avec celle de l'étage, l'électricité et la saturation envahissent les conduits auditifs des gens pressés là par le mauvais temps et les soucis de leur vie quotidienne. On passe d'une ambiance à l'autre par un escalier en bois, au fur et à mesure qu'on remonte vers la surface, la lumière rougit, la température remonte, l'air se fait plus respirable. Le guitariste est toujours là, l'acoustique est bonne, les accords résonnent, le crooner est parti mais ses mélodies sont toujours là, elles ont investi les lieux et s'y dissimulent, invisibles mais présentes.
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Oli
Février 2005
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