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Biographie > comme dans une Bulle

Originaire de Colmar, Bulle tisse une musique envoûtante et féerique, aux confins des contrées électroniques et industrielles. Samples, programmations, boucles d'effets, c'est toute l'artillerie électronique ou presque qui fait trésauter Bulle. Noyée sous cette profusion trip-hop électronique, une guitare intervient de temps en temps colorer l'univers musical de Bulle. Mélange électro trip-hop entre un Lagony dopé aux puces électronique et un Shirley M éduqué à la transe. Toutes ces considérations électro-pop, feraient presque oublier le point central, la clef de voute de Bulle et de sa carte du ciel, la voix de Bulle. Jeune chanteuse fraîche et attentive, prima dona pour certain, trop Björk pour d'autres, Aurélie a le don malicieux d'enchanter, d'épicer, de teinter de sa voix si particulière les ambiances électroniques du reste du groupe. Voix lyrique et cristalline qui s'essaye a des frasques originales, Aurelie apporte un contrepoint féminin dans cet univers numérique. Première démo pour ce jeune groupe formé en 2001,

est une vraie pluie fraîche un soir d'été, rafraîchissante, suffisamment intéressante pour que l'on reste sous l'averse, originale et assez prometteuse.

Bulle / Chronique EP > Coeur Machine

Bulle : Coeur Machine Après la démo Pluie de sons, dont le titre n'est que le reflet sincère du contenu sonore de cette démo magnifique, Bulle reprends les airs pour cette démo 2003 Coeur machine qui n'a pas son pareil pour émerveiller les sens et l'esprit. Scintillements auditifs, Bulle continue son aventure sonore, son introspection musicale, et en retire une magie mélodique qui charme toujours autant, notamment sur "Mass star" et "Coeur machine". Electroniquement plus épuré, Coeur machine ne dit pas pour autant adieu à cette pointe électronique qui propulse Bulle sur un flot de nuages cotonneux, mais au contraire, les intéractions électroniques se font plus subtiles, plus matures, la sobriété efficace est toujours plus dure à maîtriser qu'une profusion confuse.
Ce Coeur machine se diffuse donc, naturellement au travers des enceintes, un naturel qui semble aller de soi, mais une réécoute rapide de Pluie de sons permet d'entrevoir la différence notable de structure, de son, cette atmosphère synthétique, tissé avec soin et patience. "Tentacule vegetal", le titre lui-même est un peu étrange, un peu science-fiction, la chanson un peu décalée, un synthé mi-fugue mi-raison, une guitare un peu agaçante. La voix d'Aurélie est toujours aussi charmeuse, une voix de velours sur une cascade numérique.
"Atlas roots" est un enchantement, avec ce choeur masculin, qui fait écho à une voix cristalline, un ondulement électro-rythmique sous-jacent, un écho de guitare, un silence magnétique qui interfère, l'hydre se dresse tout à coup, guitare saturée, des voix qui se mêlent, se hissent sur la pointe des pieds, tressant ainsi une draperie musicale mirifique, dont le son, fait penser à Nihil, et gardant la mesure de leur achèvement sur ces 7 minutes de sublime. Battements cardiaques, Bulle bouscule là toutes les références, cette mélodie aérienne, comme un souvenir personnel lointain qui refait surface sur une ligne de chant mutagène, une vapeur musicale accompagnée par une basse sautillante, piquante, "Coeur Machine" livre sa magie lentement comme un choeur céleste, un choeur sacré dont l'aura dépasse les mots.

Bulle / Chronique EP > Pluie de sons

bulle Entrée en matière synthétique, un peu "Tubular bells" de Mike Olfield, les vieux clichés ont la vie dure, entrée en voix qui rappelle The Gathering, mais qui ne dure pas longtemps, l'ambiance électronique s'accentue, se densifie, prend de la consistance dans cette univers binaire bousculé sur une mer de sons consonants, très trip-hop, très apaisant, la texture musicale oscille doucement, une douce voix oeuvrant a maintenir le cap sur "Smoking jealousy". Entre amalgame de sons parfois disparates et atmosphère électro-indus transcendante, Bulle mélange les influences, les absorbe, les digère. "Bulle" débute comme un générique de pub, trop gentil, trop pré-fabriqué, puis doucement se sépare de ces artefacts compromettant, s'élève doucement dans l'ionosphère, chant en italien, merveilleux, sucré et original, le tissu électronique manque un peu de vie, de matière pour se montrer sous son meilleur jour, mais la combinaison avec le chant forme un titre assez reposant. Les ambiances étherées de Bulle sont indiscutables, leur vie un peu plus, parfois un peu léger, parfois un peu inerte, cependant la guitare relève un peu le tout, sans pour autant s'emporter afin de constituer une ambiance organique enthousiasmante. Gageons qu'avec de la maturité et un peu de temps, l'orientation musicale qu'ils ont laissés entre-apercevoir lors de leur passage aux Eurockéennes de Belfort 2002 donnera lieu a biens des surprises. Intro au groove organique rythmique savoureux, "Zap" est un vrai délice, un cadeau pour la voix d'Aurélie, qui s'envole, glisse, se livre a l'aise sur cette structure électronique subtile, qui fait preuve d'intelligence et de construction, envolées lyriques magnifiques, un peu vibrantes, qui pénètrent les esprits, les paroles sont candides, et la musique parfois mystérieuse, une aura autour de Bulle se forme, s'agglomère doucement aux rythmes des samples. Intro presque tribale, un beat techno dans les oreilles, un synthé organique déroule bientôt son papier musique, sa ritournelle magique, celle qui enjolive les coeurs et ravit l'esprit, atmosphère électronique, dense et qui emplie l'espace merveilleusement, entre survol du désert et vol spatial, la voix gravit ces dunes musicales doucement, entre frasques vocales et paroles sussurées, "The house in the tree" est un emerveillement pour les sens. Bulle sait donner dans l'électro-blues comme dans "N°1770668066567", mais aussi dans l'électro trip-hop, un peu Dead Can Dance parfois, un peu epicé Nine Inch Nails de temps en temps, comme dans "SKP", et la prédiclection totalement électronique où le manque de guitare est parfois palpable. Dans tous les cas, Bulle et son mélange étonnant sont un régal pour les oreilles, et la voix d'Aurélie un enchantement à lui tout seul. Entre électro, trip-hop, indus, et pop électronique, Bulle et son alchimie numérique a de quoi surprendre !