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L'histoire de Binary Audio Misfits est assez originale. Au printemps 2007, les rockeurs Toulousains d'Experience, alors en plein travail sur leur nouvel album, contactent par l'intermédiaire de MySpace le collectif hip-hop texan The Word Association en leur demandant de collaborer sur une de leurs chansons. Ne se connaissant pas personnellement, les américains acceptent volontiers de poser leurs flows. Contents du résultat, ils décident alors de travailler de front sur un ensemble de chansons pour voir où tout cela peut mener. S'échangeant fichiers sur fichiers via Internet car séparés par des milliers de kilomètres, les deux groupes finissent par se réunir fin 2007 à Austin. Binary Audio Misfists voit alors le jour et prend forme petit à petit en commençant par la sortie d'un premier EP Brain drain generation (février 2009). Soucieux de préparer un show qui tienne la route, les franco-américains obtiennent le soutien de La Cartonnerie à Reims dans le but d'effectuer une résidence. C'est d'ailleurs suite à cette invitation que le groupe prend place à la programmation du festival Génériq. 2009 comble Binary Audio Misfists en terme de concerts les menant sur leurs terres (USA + France) ainsi qu'au Canada. Après une première tournée commune réussie, le label français Platinum Records prend en main la sortie de leur premier disque intitulé B.A.M! terminé en octobre 2009 et vendu en version physique dés le début de cette année.

Binary Audio Misfits / Chronique LP > B.A.M!

Binary Audio Misfits - B.A.M! En voilà une bonne idée : créer un groupe sous une formule "2 en 1" assez étonnante. Binary Audio Misfits est en effet né de la rencontre de deux entités, l'une française et rock, l'autre américaine et hip-hop. Un mélange de deux univers complètement différents que les Toulousains d'Experience et les Texans de The Word Association ont construit petit à petit à travers des échanges de fichiers numériques. Rappelons tout de même que la bande à Michel Cloup n'en est pas à son premier coup d'essai en matière de collaboration hip-hop (La Caution sur Hémisphère gauche et Psykick Lyrikah sur Nous (en) sommes encore là). Après une présentation du projet en deux langues simultanées, les BAM ne commencent pas forcément de la meilleure des manières avec un "Get loud or get dyin'" simplet et assez convenu mais mettant tout de même en avant le flow percutant des américains. Ces derniers se fondent assez aisément dans les compositions, connaissant assez bien leur sujet, ce qui est moins le cas chez les français. A moins d'être familier avec le chant d'Experience à moitié parlé et rappé, rappelant parfois les voix de Sidilarsen (le côté toulousain ?), il est assez difficile de s'acclimater dès le départ à la passation de micro, un peu comme à l'image de ce B.A.M!. Ni trop rock, ni trop hip-hop, cet album recèle de vrais pépites à l'image d'un "Brain drain génération", martelé de toms se situant entre un Jay-Z et un Triptik ou d'un "Church of disorder" au couplet très Puppetmastaz-like. Mais il s'engouffre également dans des chemins un peu boueux avec un "Melting wings" brouillon et pas très convaincant et à l'instar d'un "No time like now" mollasson. Bien que cet LP soit généralement assez bien construit et ne manque pas d'idées ("Visionary people" en est un exemple) avec une production plutôt correcte, la constance lui fait défaut et il sonne parfois davantage comme une performance live qu'un réel album studio. Sorti sur Platinum Records, B.A.M! n'est, espérons le, qu'une mise en bouche d'un projet qui à l'avenir saura devenir un groupe qui vit physiquement les choses dans un studio commun. Et ca commence dès à présent avec les nombreux concerts qu'ils sont en train de donner et ce depuis la fin de l'année dernière. Nous attendons donc impatiemment la suite pour voir le potentiel de Binary Audio Misfits.