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Bëat In Zën > Chronique LP / Fifth victory ?
Ce n'est certainement pas avec cet album que Le Biz'art va finir de faire des ravages, bien au contraire ! Comme Bëat In Zën accorde une part très importante à l'aspect visuel de son travail, il semble légitime d'accorder quelques lignes au contenant, avant de s'attarder sur le contenu de Fifth victory ?.
D'entrée de jeu, l'illustration choisie sur la pochette pétrifie : une photo de cadavres, victimes du génocide nazi de la seconde guerre mondiale. On ouvre le premier volet du digipack et on tombe sur l'inscription "Why ?" précédant la superposition d'un "W" avec une représentation du Christ en croix. Enfin, on accède au CD, on l'enlève (pour l'écouter) et l'ultime image est un monochrome rouge repésentant des soldats (américains) au combat, avec au centre cette citation : "War, weapons, peace, god and burgers" succédée d'un autre "W". Celui qui n'a pas compris la teneur du message de cet album n'est pas très futé. Ni celui qui n'y voit pas de rapprochement avec Houses of the molé de Ministry, d'ailleurs.
En ce qui concerne le contenu de cette heure de distraction haute en couleurs, autant être prévenu : le duo électro-misanthrope est en très grande forme ! Si Ocean captive frappait déjà très fort de par son approche (très) expérimentale, Fifth victory ? cartonne au rayon "électro-indus débridée" qui fait mal aux neurones.
Toujours aussi riche, toujours aussi dense, les compos de Bëat In Zën sont de formidables collages, ajustements, stratifications de couches composées de boîtes à rythmes, basses, séquences, guitares, claviers, voix et samples formant un ensemble complexe mais pourtant d'une fluidité remarquable ("The gate A.D.", "Link your roots"). Si l'absence de paroles clairement expédiées est toujours de mise chez Bëat In Zën, les titres des chansons n'en sont pas moins porteur de messages : "Grand fun armada", "Massoud not X" ou "Resist[ants]".
Au fil de l'album, la torture musicale prend différente directions car le groupe a brillament réussit à élargir son champ d'action. Si des morceaux sont tout aussi enjoués que sur Ocean captive ("Bicephale", "Spleen spiders and spine") ou rappelent encore une certaine lubricité ("Grand fun armada", "D.N.A. and the ants"), d'autres participent à l'élaboration de terrains plus particuliers ("Massoud not X", "Molly coddle dandy"), s'enfuient vers une martialité à la Pneumatic Head Compressor ("Big bang messiah") ou se révèlent être de formidables perles ! ("Resist[ants]", "Smoke it now !"). De plus, Bëat In Zën a gagné en clarté. Moins oppressant que son prédécesseur, Fifth victory ? est encore plus aérien et confortable à écouter.
Les duettistes continuent de tracer leur voie avec talent et d'apposer leur marque de fabrique à un univers unique en son genre. Xtof Chambers et Tramb n'avaient pas de quoi rougir d'Ocean captive, Fifth victory ? repousse encore plus loin les limites du Biz'art pour mon plus grand bonheur, mais aussi je l'espère, pour le votre !
Note :
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Interview : Interview de Bëat In Zën (janvier 2005)
Chronique LP : Ocean captive
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