indus Indus > Atari Teenage Riot

Biographie > une émeute qui a du bon

Plutôt que de recopier l'histoire d'Atari Teenage Riot parue sur la page concernant Alec Empire, va sur ladite page, l'histoire de son leader étant indissociable de celle du combo qui s'offre un best of intitulé 1992-2000 (sur Digital Hardcore Recordings bien sûr) à la fin de l'été 2006.

Atari Teenage Riot / Chronique LP > Reset

Atari Teenage Riot - Reset Cinquième album d'Atari Teenage Riot ou deuxième du Atari Teenage Riot du vingt-et-unième siècle, c'est selon si on veut jouer aux vieux baroudeurs ou pas... En tout cas, Alec Empire, Nic Endo et et Rowdy Superstar continuent de bosser dans la lignée d'Is this hyperreal? paru en 2011.

Et y'a pas à dire, Alec Empire a sa signature et son style, reconnaissable entre mille, permet d'adhérer très rapidement à ces nouveaux brûlots. Parce que ça bastonne sévère à peu près tout le temps ("Street grime", "Death machine", "Transducer"...) et il ne faut pas compter sur la voix féminine pour calmer le jeu, au contraire, on sent la rage transpirer à travers les enceintes... La hargne d'Alec qui fracasse ses guitares et ses machines est contagieuse et on se prend rapidement à hurler quelques brides de paroles scandées par le DJ-rappeur Rowdy (par exemple We live in a decade where violence breeds more violence de l'éponyme "Reset"), il faudrait tout remettre à zéro, relancer la machine plutôt que de la voir bugger de plus en plus jusqu'à un inévitable "Cra$h". Ce nouvel opus apporte bien peu d'espoir et ce ne sont pas les quelques passages plus posés où les samples apparaissent plus lumineux et la voix d'Endo moins trafiquée et très douce qui font changer la donne. Même le quasi instrumental "Erase your face" semble tapi dans l'obscurité prêt à nous sauter à la gorge (ce qu'il ne fera pas), lugubre et inquiétant, ce bricolage de voix samplées et de sons bidouillés auraient pu clore en ténébreuse beauté l'album mais le trio a préféré en remettre une couche derrière avec un titre plus dansant. C'est "We are from the internet" (qui comme d'autres genre "New Blood"), un morceau qui pousse à la gesticulation sauvage et que j'imagine bien propulsée dans les baffles d'une boîte futurist servant de décor à une histoire post-apocalyptique. Parce que pour l'heure, la jeunesse qui danse n'est pas encore prête à prendre de telles déflagrations sur un dance-floor...

Atari Teenage Riot / Chronique LP > 1992-2000

atari teenage riot : 1992-2000 Au début des années 90, l'Europe sort ses machines pour faire des expérimentations, c'est une époque bénie pour tout amateur d'industriel plutôt agressif et Atari Teenage Riot (Allemagne) va grandir aux côtés des Young Gods (Suisse), Les Tétines Noires (France) ou Aphex Twin (Angleterre). En 2001, le groupe s'arrête suite au décès de Carl, si ce best of sort aujourd'hui, c'est qu'en discutant avec des jeunes croisés à ses concerts, Alec Empire, leader du groupe qui a poursuivi sa carrière en solo (puis rejoint par Nic Endo) s'est rendu compte qu'ATR était presque devenu une légende dont on connaît des passages mais sans forcément l'avoir réellement approchée, la plupart des albums n'étant pas aussi disponibles aujourd'hui que par le passé. Alors au début mars 2006, à Toulouse, Alec écrit un texte (dans le livret) où il raconte la vie et la mort d'ATR, explique qu'il avait convaincu Carl avec cette phrase "notre seule intention est de provoquer des émeutes", un texte qui dans sa conclusion résume l'idée d'Atari Teenage Riot par les deux mots qui sont certainement leur titre le plus connu : "Revolution action".
A l'écoute et la redécouverte de ces 18 titres qui ont marqué la discographie du combo, difficile de ne pas ressortir groggy, leur punk indus vindicatif, appelant sans cesse à la prise de conscience et à la lutte contre l'impérialisme, le fanatisme, la culture de masse, l'aliénation mentale, la politique politicienne... Les 8 années sont passées en revue, mettant en valeur l'apport de Nic Endo ("Into the death" !!!) et la capacité du groupe à se renouveler alors que les messages et les armes/instruments employés restent les mêmes. Et certains titres sont mêmes assez proches de ce que fait Alec Empire actuellement ("Destroy 2000 years of culture", "You can't hold US back"), de quoi faire des ponts entre le passé, le présent et l'avenir évidemment tant les groupes ayant des liens de parenté avec ATR sont nombreux (sans eux, on aurait peut-être jamais eu de Punish Yourself...).
Bref, écouter 1992-2000 ce n'est pas lire un testament, c'est recevoir un véritable héritage.