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Biographie > Ah le bâtard !

Gros fan de hip-hop hardcore de la côte Est (Necro, La Coka Nostra), le toulousain Al'Tarba débute la musique au sein de la scène punk en tant que guitariste puis, plus tard, décide de troquer sa six cordes contre des machines et l'ordinateur. Le bonhomme compose mais interprète également en posant ses textes dans Droogz Brigade. La scène new-yorkaise et les films gores sont des sujets qu'il connait si bien qu'il en à forger son style en s'y inspirant. Il n'est donc point étonnant de constater qu'Al'Tarba compte des collaborations assez classes dont Raekwon du Wu-Tang Clan, Ill Bill, membre de La Coka Nostra et demi-frère de Necro ou Onyx. Le désormais parisien sort discrètement deux albums puis monte en 2011 une compilation d'une vingtaine de morceaux orientés abstract hip-hop intitulé Lullabies for insomniacs. 50 000 téléchargements plus tard, Al'Tarba sort son quatrième skeud en novembre 2013, un EP nommé Ladies & Ladies en l'honneur de la gente féminine avec des invités tels que Jessica Fitoussi ou Camille Safiya.

Al'Tarba / Chronique LP > Let the ghosts sing

Al'Tarba - Let the ghosts sing Al'Tarba est au cœur de l'actualité avec un nouvel album sorti en octobre, le premier chez les Lyonnais de Jarring Effects suite à l'EP The sleeping camp, qui avait pour mission, via sa sortie sur JFX Lab, de lui donner un avant-goût. Visiblement satisfait des retombées de ce dernier, le label en tant que tête chercheuse de nouveaux talents en musiques électroniques hybrides (encore plus depuis la création de son pendant digital) s'est laissée emballer par l'"abstract hip-hop" de Let the ghosts sing. Il y a de quoi tant le contenu de ce disque (50 minutes tout de même) a tout pour plaire au plus grand nombre. N'est pas "coup de cœur" du "Before" de Canal + qui veut.

Idolâtre des concepts albums, Al'Tarba a voulu cette fois-ci que son oeuvre soit fantomatique. L'artwork de Let the ghosts sing réalisé de fort belle manière par Shalik (déjà l'auteur de celle d' Acid & vicious) nous met déjà sur la piste : un orchestre dirigé par le beatmaker composé de fantômes sous l'œil attentif de Baphomet présent au fond derrière le rideau grecque rouge, une référence direct au cinéma de Lynch. L'idée de son auteur étant que chacun des 14 morceaux de cet album à la fois sombre et onirique soit traversé par un ectoplasme représenté par des voix sorties de son for intérieur. On y voit là aussi des références au septième art cher au toulousain d'origine qui cite volontiers "La cité des enfants perdus", Tim Burton, l'expressionnisme allemand et Kubrik comme influences.

Let the ghosts sing nous plonge assez rapidement dans le monde tourmenté d'Al'Tarba où le hip-hop et l'électronique servent de supports à des samples et coloris de sons variés (cuivres, piano, sitar indien, flute, guitare, scratchs, voix...). Si "Siberian vengeance" et "Let the ghosts scream" enivrent par leurs atmosphères pesantes et nébuleuses, "Gangsters & rude girls" vous réclamera plutôt une petite danse. Ainsi le compositeur n'hésite pas à passer du coq à l'âne au sujet des ambiances qui hantent son disque et rassure par ses présences humaines (Lateb, Paloma Pradal de Bonni Li, Jessica Fitoussi, Danitsa), en opposition au nombre (trop) important de morceaux instrumentaux bourrés de samples qui lui confère une certaine lourdeur. Car si Al'Tarba est un orfèvre du son et un beatmaker affirmé au même titre que les incontournables Wax Tailor ou Chinese Man, il faut reconnaître que ses compositions restent pour la plupart mainstream et sans véritable surprise. Nous l'avions évoqué sur Ladies & Ladies, confirmé sur The sleeping camp, nous aurions préféré que Let the ghosts sing prenne un virage différent et qu'Al'Tarba se démarque un peu plus de cette flopée d'artistes français qui se rangent les uns après les autres dans cette case standardisée que la presse musicale nomme abstract hip-hop.

Al'Tarba / Chronique EP > The sleeping camp

Al'Tarba - The sleeping camp On avait laissé Al'Tarba sur un Ladies & Ladies, EP encourageant pour la suite même si notre préférence allait clairement sur Lullabies for insomniacs, une compilation aux couleurs sonores plus variées. Le Toulousain d'origine s'apprête à sortir le 13 octobre son nouvel album, Let the ghosts sing, et en a profité pour livrer un EP intitulé The sleeping camp, une sorte d'avant-goût de ce qui nous attend prochainement. Ce 4 titres renvoie à l'univers des gitans (le vidéo clip de la chanson éponyme se passe d'ailleurs dans un camp de gens du voyages) et marque encore plus l'univers du beatmaker, sensible aux ambiances ombrageuses ("The sleeping camp") et instables (la montée progressive de "Dusty signal" se terminant en breakbeat jungle en est l'exemple). Deux invités viennent prêter main forte à l'artiste sur la suite et fin plus rythmée de l'EP: DJ Nix'On, acolyte d'Al'Tarba depuis pas mal de temps déjà, revient scratcher avec classe sur "Hé garçon", titre abstract hip-hop costaud gorgé de samples dont ceux tirés du film "La guerre des boutons" et le flow du duo de Baltimore Dirt Platoon se posant sur "Heat holders", un morceau compact très typé US (on pense à Jedi Mind Tricks mais pas que) qui prend le contre pied sur le reste de l'EP.
Au final, Al'Tarba ne surprend pas vraiment avec cette mise en bouche et semble se diriger vers un album de cet acabit. Réponse au prochain épisode.

Al'Tarba / Chronique EP > Ladies & Ladies

Al'Tarba_Ladies&Ladies
Dans le monde des beatmakers underground français, un nom ressort régulièrement du lot depuis quelques années, celui d'Al'Tarba. Il faut dire que ce Toulousain exilé à Paris avait fait plutôt bonne figure avec son Lullabies for insomniacs, une compilation d'abstract hip-hop délivrée en 2011 avec laquelle nous l'avions découvert. Son nouvel EP, Ladies & Ladies, laisse place à la gente féminine où quelques featurings aux prestations diverses viennent se greffer sur des morceaux de bonne facture. La voix typée soul pleine de chaleur et de sensualité de Jessica Fitoussi émerveille un "The vengeance sisters" très proche des travaux de Wax Tailor, tandis que Latasha Alcindor aka L.A. nous délecte d'un rap sémillant sur "Global awakening", quand, à l'inverse, Camille Safiya vient adoucir les propos d'une voix enrouée et liquoreuse.
Les quatre titres restants sont des instrumentaux au sein desquels on retrouve cette couture sonore propre à Al'Tarba où samples divers, beats pesants et nappes ombrageuses se côtoient pour donner un cocktail pétulant. Notons toutefois qu'avec cet EP, ce fan de Necro s'éloigne doucement de ses racines et de ses influences hardcore, pour toucher un nouveau public ?