festivals Festivals > Wacken Open Air

Biographie > W:O:A

Wacken Logo Landgraaf, Kiewit ou Evette-Salbert, tu connais ? Le nom te dit quelque chose... Evidemment, ce sont des bleds où se déroulent de grands festivals, en l'occurrence le Pinkpop, le Pukkelpop ou les Eurockéennes. Et si je te dis Dessel ou Clisson, le lien se fait plus rapidement encore car le Graspop ou le HellFest font désormais partie intégrante du paysage dans nos cerveaux. Et puis il y a les festivals dont les noms sont directement ceux des villes où ils sont installés, si Woodstock s'est déroulé à 60 bornes de la ville du même nom, les habitants de Glastonbury, Reading, Werchter ou Dour savent bien que leur ville est surtout connue pour recevoir des fans de musique du monde entier durant quelques jours chaque année... A ces villes, il faut aussi ajouter un village, enfin, à peine un village, un trou paumé au Nord de l'Allemagne entre Heide et Itzehoe... Ça aide hein... 80 km au Sud, tu trouves Hambourg, voilà pour la situation de ces prairies de Wacken qui depuis 25 ans sont entrées dans l'histoire du métal grâce au festival Wacken Open Air ou W:O:A pour les intimes.

Wacken Open Air / Chronique DVD > 25 years of Wacken

Wacken Open Air - 25 years Bon anniversaire. Et comme souvent dans ces cas-là, c'est celui qui souhaite le "bon anniversaire" qui reçoit un cadeau. En l'occurence un triple DVD (ou Rayon Bleu) sobrement intitulé 25 years of Wacken et sous-titré "Snapshots, scraps, thoughts & sounds". Pour les nuls en anglais, c'est "Clichés, notes, pensées et sons" parce que le coffret des 25 ans du plus métal des festivals allemands offre plus que 3 DVDs avec un bouquin de 300 photos, des textes et un bel écrin pour chacun des DVDs. Ça, c'est cadeau et je n'en parlerai pas plus car, c'est juste "sur le papier", en promo, on se contente (et avec un large sourire) des 3 DVDs "bruts", étant donné que les superbes coffrets sont réservés à ceux qui feront l'effort de débourser quelques euros pour se replonger dans cette vingt-cinquième édition du Wacken. Oui, parce que si le festoche souffle ses 25 bougies, tout ce qui est vidéo (et le son qui va avec en Dolby 5.1) ne concerne que l'édition 2014, on n'est pas du genre passéiste ou alors, ce sera pour une prochaine fois mais ce coffret ne met pas à l'honneur l'histoire et les années passées, juste une sorte de best of de ce qui s'est passé cet été. Ou presque parce que parmi les 60 groupes (environ) présents à l'image, on n'a pas trace de Arch Enemy, Behemoth, Bring Me the Horizon, Megadeth, Skid Row, Slayer ou Sodom qui étaient pourtant assez hauts sur l'affiche, histoire de droits peut-être... Ou de vrais choix car j'imagine mal les Degradead (absents eux aussi) refuser une telle opportunité. Les absents ayant toujours torts, parlons des présents...

Pour "ranger" tout ce beau monde, le choix a été fait de respecter les scènes, le premier DVD fait honneur à la double grande scène (Black et True Metal stages), le deuxième aux the Party et Wackinger Stages ainsi qu'à quelques groupes du tremplin (Wacken Metal Battle) et enfin le troisième aux Headbanger et Wet Stage ainsi qu'à la Bullhead City Circus Tent. Si tu n'es pas un habitué du WOA, c'est du latin et tu risques surtout d'être attiré par le DVD 1 vu son track-listing de grande classe. On commencera donc par la fin et les 28 groupes qui ont le droit à chacun un morceau sur le DVD, si quelques uns ne nous sont pas inconnus (Decapitated, Masterplan avec 2 ex-Helloween, The Ocean et son superbe "Mesopelagic : into the uncanny"...), il faut bien avouer qu'on fait un paquet de découvertes... Au rayon des plutôt bonnes, le blues hard rock de Black Star Riders (en fait, ce sont les Thin Lizzy !), le mélange des genres (et des couleurs et des styles) de Neopera, Lacrimas Profundere qui réussit à nous embarquer en un seul titre, Beyond The Black dont la chanteuse est très mignonne (Google image Jennifer Haben pour les curieux), The Vintage Caravan pour son esprit punk et les mimiques de son chanteur, Excrementory Grindfuckers qui a l'air gravement dérangé (dommage que je ne parle pas allemand), Fleshgod Apocalypse qui apprécie l'opéra... Du côté des trucs qu'on était contents de ne pas connaître on peut lister Collibus, Torment, Ax'N'Sex, Starchild (une des rares pistes où le son n'est pas terrible).

Le deuxième DVD permet de constater le fossé entre nos voisins et nous, si on connaît le rhénan, le culturel en terme de métal est plus difficile à voir, pas ici quand on cherche à déchiffrer "Schandmaul", un nom que les Allemands connaissent très bien puisque ça fait 15 ans que leur métal médiéval assez sympa passe dans leurs oreilles... On comprend mieux la foule et l'engouement sur cette scène ce soir-là... Même topo pour Saltatio Mortis qui m'a cependant moins touché. Les J.B.O évoluent eux au rayon déconne pas loin des BloodHound Gang et livrent deux hits immédiats que tu auras forcément l'impression de déjà connaître... Pas de reprise pour eux mais une pour Santiano qui chante en allemand la chanson du fameux trois mâts... avant d'enchaîner sur un autre titre folk métal qui fait le passer le temps sous le soleil de Wacken. Les Knorkator font moins dans la finesse, avec ou sans Timtom. Les balkaniques Russkaja assurent une transition aisée dans ce sens-là, ensuite, c'est plus compliqué car c'est August Burns Red et ses "Poor millionaire" et ''Provision" qui vient rappeler que le WOA est surtout un festoche métal ! Honneur ensuite aux vétérans de Prong pour deux titres également. Le folk théâtralo-médiéval de Mr. Hurley & Die Pulveraffen auraient trouvé une meilleure place plus tôt mais c'est aussi ça la mentalité allemande, la capacité de passer d'un style à l'autre en quelques secondes sans que personne ne crie au scandale... Place ensuite à 5 groupes qui ont participé au tremplin Wacken Metal Battle et qui se sont offerts une participation dans un festival qui rime avec Graal. Parmi eux, on remarque qu'à Hong Kong, on ne savait pas qu'Evocation n'était plus disponible comme "nom pour un groupe de métal", que décidément les instruments médiévaux ont la côte (Huldre), que Dirty Shirt aime le air guitar et que les Espagnol(e)s d'In Mute n'ont pas fait le voyage pour rien... Et même pour ces "petits" groupes la qualité de son et de vidéo est incroyablement pro, le Wacken ne laisse personne de côté quand d'autres festivals ne filment que leurs scènes principales.

Terminons donc par le commencement avec le DVD1 et sa rafale de groupes confirmés qui débarquent aux Wacken avec l'artillerie lourde en terme de show, grosses light, mises en place de feu et public au taquet pour profiter des têtes d'affiche qui bénéficient toutes de deux morceaux sur ce DVD, enfin presque car Hatebreed se contente de son seul "Honor never dies" (d'ailleurs ils auraient du être sur le deuxième DVD vu qu'ils jouent sur la "The party stage"... scène extérieure qui a tout d'une grande tout de même). Je passe sur les vieux briscards d'Avantasia (side project de Edguy) et d'Accept (maîtres chez eux), ainsi que sur Saxon pour parler un peu d'un autre papi bien plus apprécié par ici : Lemmy ! Son chapeau le protège du soleil et c'est avec son flegme naturel qu'il envoie "Rock it" survitaminé, c'est le moins démonstratif (et le plus fatigué ?) des Motörhead et le tempo de "Lost woman blues" lui sied certainement mieux. Il a beau être un dinosaure plus proche de la retraite que de ses années Hawkwind, ça reste un monument dont la voix est toujours accrocheuse. Pas de voix et un coucher de soleil pour Apocalyptica qui attaque avec un "Path" (sans Sandra Nasic que j'aurais adoré voir ici) mais avec le renfort d'un orchestre classique avec percussions, cuivres et tout le tralala qui donne encore une autre ampleur au groupe qui lance les encouragements avant l'une de ses reprises phares "Hall of the mountain king". Les Finlandais sont exceptionnels mais comme j'aurais aimé découvrir ici le choeur du public du WOA reprendre un grand standard du métal sauce Apocalyptica (au hasard "Nothing else matters" qu'ils ont joué lors du rappel) parce que rayon frissons, ça n'a que très peu d'égal. Changement radical d'ambiance ensuite avec les Steel Panther qui proposent à chacun de faire un "Gloryhole" (alors qu'il y a quand même surtout des mecs dans le public) avant de demander "Death to all but metal". Jamais dans la démesure. Hammerfall (et son métal daté), Amon Amarth (et son décor), Children Of Bodom (et son synthé) sont assez vite zappés pour voir ce que donne Emperor, pas de bol pour eux, c'est en plein jour et ça n'est pas facile pour ce genre de zik de ne pas se jouer dans le noir, les gars sont toujours aussi rapides et impressionnants. Mais comme j'ai vieilli, j'ai du mal à rester dedans... Une chanson d'amour ? C'est "Kingdom" du Devin Townsend Project qui lui aussi doit jouer sous le soleil, un temps idéal pour les hippies qui reçoivent "Grace". Le rythme reprend de la vitesse avec les locaux d'Heaven Shall Burn, un groupe qu'on voit de temps à temps à Dour sous une tente et qui là démonte une grande scène blindée dès le déjeuner ! Le pogo est juste énorme, la poussière vole, là encore, c'est très impressionnant... Eux aussi sur la plus petite scène (tout est relatif), les Carcass font le job, laissant le soin à d'autres vétérans de clore ce DVD puisque c'est Kreator qui s'en charge, là encore avec un light show de très grande classe et des plans travaillés.

C'est d'ailleurs ce qu'on retient, outre les performances de tous ces groupes, c'est l'énorme qualité de son, de prises de vue et de montage de ce triple DVD qui fait honneur au 25 years of Wacken, un souvenir phénoménal pour ceux qui y étaient, un témoignage exceptionnel pour nous tous. Encore une fois, bon anniversaire les gars et bravo pour ces vingt-cinq premières années !

Wacken Open Air / Chronique DVD > Live at Wacken 2013

Live at Wacken 2013 Depuis une dizaine d'années, non seulement les organisateurs gavent leur public fidèle (le festoche est sold-out en un temps record, même sans annoncer de grands noms) de gros son en live mais également d'un CD/DVD (même Bluray depuis quelques temps) qui livre un paquet de souvenirs au coeur de l'été (histoire de pouvoir l'acheter sur place ?). A l'heure où l'on se dit que les programmateurs sont assez peu respectueux des "vieux" (ils font jouer Prong ou Skid Row à midi !!!), le triple DVD permet de se (re)plonger dans l'édition 2013 en 106 titres de 43 groupes. Et je casse tout de suite le suspens, non, je n'ai pas gagné le "Ticket or" (entrée à vie au festival) ou un des 10 "tickets VIP" disséminés dans les boîtiers. En même temps, j'ai les trois DVDs, c'est déjà pas mal. Et j'ai aussi eu le temps de les regarder, ce qui n'est pas si simple... Même si j'avoue n'avoir pas écouté tous les titres dans leur intégralité. Certains groupes m'étant inconnus (des Allemands) et pouvant le rester (le heavy n'a jamais été ma tasse de thé) ou du moins, j'ai oublié leur nom quelques minutes après l'avoir lu sur l'incrustation. Et c'est arrivé souvent avec le DVD 3, c'est là d'ailleurs le principal souci avec cette orgie de titres en live, j'ai l'impression qu'ils sont "classés", certes, il faut bien un ordre pour les mettre sur la tracklist mais tous les gros sont sur le DVD 1 (Trivium, Anthrax, Annihilator, Agnostic Front, DevilDriver, Soilwork, Deep Purple, Motörhead, Alice Cooper, Nightwish...), le DVD 2 est plus équilibré (Ugly Kid Joe qui reprend "Ace of spades" avec Phil Campbell, Sonata Arctica, Whitechapel, Amorphis...) et sur le DVD 3, aucun grand nom (mais des groupes comme Null DB, Serum 114, Die Kassierer ou Kamikaze Kings). C'est sympa pour découvrir des nouveaux (ou très vieux) combos mais sur la durée, ça peut être lassant car il n'y a pas cette excitation de prendre un "gros" dans la face (oui, je suis du genre à envoyer le "full show" plutôt que de choisir mes titres). Mixer davantage ultra célèbres et moins connus permettrait de garder du rythme et de prendre un même plaisir avec les 3 DVDs au lieu de se dire que le troisième pourra rester rangé... Et quand on retrouve la liste des groupes présents sur l'édition 2013, on regrette que certains n'aient pas donné leur accord pour diffuser leur musique sur ce DVD, ne serait-ce qu'un seul morceau. Parce qu'au rayon des absents, on a Rammstein, Danzig, Meshuggah, Lamb Of God, Fear Factory, Henry Rollins (même s'il était sur le festival en mode poète-slameur) et même Manowar. Les présents (sur le DVD s'entend) offrent eux bien souvent 2 ou 3 morceaux, filmés avec un dispositif classique de festival, permettant à ceux qui ont joué le soir ou la nuit, d'envoyer un spectacle lumineux plus chatoyant que ceux qui se sont farcis le ciel (parfois gris) de l'après-midi.

Si tu es allé à Wacken, tu sera très heureux de retrouver des moments forts du festival dans ton salon, si tu n'es pas allé à Wacken mais que tu aimes le métal, tu trouveras forcément ton bonheur dans ce déluge de décibels (en 5.1) et qui sait, peut-être trouveras-tu même plus que ce que tu cherchais avec les lives de ces groupes plus obscurs qui font aussi la réussite d'un festival. Live at Wacken 2013 offre en bonus une sorte de clip de présentation (avec la musique de Sabaton), une sorte de documentaire où une voix off (en allemand mais c'est sous-titré en anglais) nous présente le festival autant que les festivaliers pendant plus de 40 minutes. Si tu n'est pas encore rassasié, il faudra aller mater les DVDs des groupes qui font de ce concert leur sortie live "personnelle" (Nightwish pour 2013 par exemple).