Liens Internet
Publicité

Windows on the world - Frédéric Beigbeder

Windows on the world
"Vous connaissez la fin : tout le monde meurt. Certes, la mort arrive à pas mal de gens, un jour ou l'autre. L'originalité de cette histoire, c'est que tous ces personnages vont mourir en même temps et au même endroits. Est-ce que la mort crée des liens entre les êtres ?"

Le seul moyen de savoir ce qui s'est passé dans le restaurant situé au 107ème étage de la tour nord du world Trade Center, le 11 septembre 2001, entre 8h30 et 10h29, c'est de l'inventer.


Ça partait pourtant d'une idée pas trop mauvaise en soit, un peu dans l'air du temps, conter l'histoire d'un père et de ses deux rejetons prenant le petit-déjeuner au sommet d'une des tours du World-Trade Center (le matin du 11 septembre, celà va de soit). À priori... Sauf que là au lieu d'avoir une histoire cohérente, ce sont deux simili-récits qui se superposent, un saucissonnage un peu maladroit, des calques un peu grossier, une certaine idée de la boucherie littéraire (à défaut de narrer correctement celle de la fiction-réalité)... Chapitres pairs, Carthew Yorston disserte sur sa vie décousue, son manque de fibre paternelle et son manque d'engagement, et accessoirement essaye de sauver ses gosses d'un incendie qui pue le kérosène. Chapitres impairs, Frédéric Beigbeder s'auto-appitoie sur son sort, mélange l'écrire de ce livre (ahh les jeux de miroirs...) et sa copine qui l'a largué, et essaye vainement d'en tirer une substance utilisable, mais le peu qu'il en tire lui glisse entre les doigts. Un style un peu décousu, à l'emporte-pièce, où des pans entiers de mur manque à l'édifice; dont le manque d'engagement se cache là encore derrière des excuses vaines. Quitte à esquiver des minutes tragiques, autant le faire avec subtilité, discrétion ou discernement...
Un livre laborieux donc, avec un petit mélange de franglais plus qu'irritable, les Windows on the World s'ouvrent tout compte fait sur un sérieux courant d'air !

> Posté par Pooly le 27/03/2007 @ 22:39:33

Par Oli le 27/03/07 à 23:37

[-] Re: windows on the world - Frédéric Beigbeder

Oli
Oli - 4463 msg
Terrier : St-Omer

moi je suis en train de lire (entre autres car comme c'est un gros bouquin, je ne le lis que chez moi...) "Les bienveillantes", c'est la 1ere fois que je lis un Goncourt dans l'année de son titre mais c'est anecdotique... j'en ai lu un peit 1/5 (150 pages) et c'est monumentalement atroce et historiquement prodigieux. Ceux qui ont le coeur accroché peuvent être plongé dans la tête et le corps d'un SS en goguette vers Moscou, un gratte-papier lambda chargé de faire des rapports sur l'éxécution sommaire des juifs (les "actions") et d'établir des contacts avec des fuites bolchéviques... C'est écrit trés correctement mais ce sont les descriptions trés précises que je retiens... Même si l'histoire du roman est fausse, Jonathan Littell s'est trés documenté et rend le tout plausible...

sur le web, on ne trouve pas les meilleurs extraits (selon moi) ms en voici quand mm 3

La Wehrmacht n'a pas les ressources pour nourrir des dizaines de milliers d'inutiles femelles juives avec leurs gamins. On ne peut pas les laisser non plus mourir de faim : ce sont des méthodes bolcheviques. Les inclure dans nos actions, avec leurs maris et leurs fils, est en fait la solution la plus humaine au vu des circonstances.


Je regardai les Juifs : les plus proches de moi paraissaient pâles, mais calmes. Nagel s'approcha et m'apostropha vivement, désignant les Juifs : "C'est nécessaire, vous comprenez ? Dans tout ça, la souffrance humaine ne doit compter pour rien." – "Oui, mais tout de même elle compte pour quelque chose." C'était cela que je ne parvenais pas à saisir : la béance, l'inadéquation absolue entre la facilité avec laquelle on peut tuer et la grande difficulté qu'il doit y avoir à mourir. Pour nous, c'était une autre sale journée de travail; pour eux, la fin de tout.


Je pouvais maintenant distinguer trois tempéraments parmi mes collègues. Il y avait d'abord ceux qui, même s'ils cherchaient à le cacher, tuaient avec volupté; j'ai déjà parlé de ceux-ci, c'étaient des criminels, qui s'étaient découverts grâce à la guerre. Puis il y avait ceux que cela dégoûtait et qui tuaient par devoir, en surmontant leur répugnance, par amour de l'ordre. Enfin, il y avait ceux qui considéraient les Juifs comme des bêtes et les tuaient comme un boucher égorge une vache, besogne joyeuse ou ardue, selon les humeurs ou la disposition. (…) seule comptait la précision du geste, l'efficacité, le rendement.


et j'en suis qu'en 1941, la conférence de Wansee n'a pas encore eu lieu...

Ce n'est pas une simple une plongée dans l'horreur "comme si on y était" c'est pire encore car on est à la place d'un nazi pour lequel on éprouve une certaine "sympathie", c'est peut-être difficile à comprendre comme ça, mais c'est à lire...
--
http://www.w-fenec.org
http://mesperles.over-blog.com

 

Vous n'êtes pas identifié. Vous pouvez soit:
Compte utilisateur (Login) :
Mot de passe :
S'identifier :

Si vous souhaitez cependant poster de façon anonyme, recopier le code de cette image :
Votre nom :
Votre site web :
  .

Liste des smileys

  • Votre adresse IP sera sauvegardée, elle ne sera pas affichée sur le site, mais elle nous permet de pouvoir prévenir tout abus.
  • Vérifiez votre commentaire, vous ne pourrez pas le modifier ensuite!
  • Si vous avez un compte, vous n'êtes pas obligé de le prévisualiser.
  • Si vous avez un compte, vous pouvez être averti des réponses à vos commentaires.

Les tags suivants sont autorisés: <b> <i> <s> <em> <u> <strong> <tt> <blockquote>.

Pour les adresse internet, tapez les directement en commençant par http:// et avec un espace à la fin.


Vous êtes responsable de vos écrits sur ce site et à ce titre responsable devant les lois applicables, notamment celles concernant la diffamation, la discrimination et le droit de citation. Veuillez donc, entre autres, éviter les propos diffamants et les recopies intégrales d'articles.