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rock Rock > Commodor > Chronique LP / Driving out of focus

Commodor
LP : Driving out of focus
Label : Distile Records
distilerecords.com
Date de sortie : 12/05/2008
Liquid fire
Panavision
Don Starsky
Goats on the cliff
Drifting figures
Dune
Tolt
Everlasting swamps of sorrow

commodor_drifting_out_of_focus.jpg Après s'être occupé de Swims, 37500 Yens ou Looking for John G notamment, affirmant par là-même sa mainmise sur les productions rock exigeantes, expérimentales et donc ultra-indé, le label Distile Records nous sort son arme fatale : Commodor. Un groupe suisse (encore un oui...) qui taille des riffs comme personne et livre avec Driving out of focus, un premier essai discographique noisy à souhait et rock dans l'âme. Sulfurique, rugueux et implacable, oserait-on dans les milieux autorisés. Digipack cartonné, visuel minimaliste, rythmiques qui claquent sur la platine, riffs saignants, mélodies décharnées, chant sur le fil du rasoir, Commodor ne sera jamais en heavy rotation sur les ondes radios hexagonales, mais là n'est pas le sujet. Ici on cause rock expérimental qui visse les trippes sur les enceintes ("Liquid fire"), noise saturée qui joue avec les ruptures pour mieux nous mettre à genou alors que le regard se voile, envahi par un brouillard de décibels qui nous prennent à la gorge ("Panavision").
C'est alors une véritable tornade électrique qui s'abat sur nos conduits auditifs : basse groovyssime, production ultra-sèche, riffing urgent flirtant avec un stoner aride et subversif, "Don Starsky" ne se prive pas pour enfoncer le clou. Le son de Driving out of focus, bien que bénéficiant d'un mix bien particulier, débroussaille violemment les tympans avant que "Goats on the cliff" puis "Drifiting figures" ne viennent démontrer une fois pour toutes que Commodor n'est certainement pas un groupe comme les autres. Mélodies incertaines, accélérations fulgurantes, breaks lunatiques, orgie de décibels ("Dune"), le combo suisse livre quelques instants de bravoure que l'on qualifiera aisément de paroxystiques ("Tolt"). Concluant les (d)ébats sur un "Everlasting swamps of sorrow" au final oppressant, le groupe met fin à un album détonnant à l'écriture singulière. Et si l'on ne sait finalement pas ce que les Commodor ont pris pour enregistrer ce disque, cette fois c'est sûr, on veut la même chose.

aureliO
Mai 2008


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