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Cliché Boys > Chronique EP / Overstated
Cliché Boys, sans rire, il fallait oser pour en faire un nom de groupe crédible. Les quatre niçois qui nous envoie aujourd'hui leur premier EP dans les tuyaux n'ont pas eu froid aux yeux et ont osé. Démontrant, par là même occasion, dès les premières secondes de Cohérence qu'ils ne sont pas juste là pour amuser la galerie. Produit par leur voisin niçois Gaël Hallier (Sikh) envoie donc du gros son dans le lecteur. Variablement influencé par Pantera, SYL (Strapping Young Lad) et Meshuggah, l'hyper-technicité en moins, les Cliché Boys ne peinent pas à trouver leur son. Riffing tranchant et percutant, section rythmique qui blaste sans sourciller, le groupe déboise façon bulldozer et développe son metal ultra-carré et bien ravageur le temps d'une petite séance de musculation auditive. "Spit back" déboule à son tour sur la galette. Le groupe muscle encore son jeu, usant abondamment de la double pédale en même temps qu'il balance deux/ trois palettes de riffs bien 90's à la Pantera Basse destructrice, chant rugueux et puissant, instrumentations solides, un peu moins groovy que les compatriotes de Sikh mais plus puissant. Question technique, le groupe semble avoir accéléré la cadence, tant ce second titre, emmené à très vive allure transpire une maîtrise qui n'est pas commune chez tous les groupes sortant leur premier essai discographique. D'ailleurs, rotules, clavicules et cervicales s'en ressentent un encore. On imagine alors facilement que le matraquage se poursuivra tout au long de la troisième piste de cet Overstated. Et histoire de ne pas décevoir le client, les Cliché Boys en remettent une couche. Au rayon boucherie "il y en a un peu plus je vous le mets quand même", les niçois n'y vont pas avec le dos de la cuiller et martyrisent leurs instruments comme si leur vie devait en dépendre. Et là encore une fois, on comprend que si le premier titre servait de sympathique mise en appétit métallique, les trois titres suivants constituent des plats de résistance et dessert de haute volée. Techniquement, le groupe assure et la prod est irréprochable. Manquerait juste un petit zeste de folie (que l'on retrouve trop brièvement sur le final de "Driftings") pour que l'ensemble gagne en inventivité. Mais les Clichés Boys ont décidé de donner dans le gros metal bourrin, compact mais pas non plus bêtement primaire, furieusement découpé à la scie circulaire et hautement dopé en testostérone. Et le pire, c'est que ça fonctionne.
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