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rock Rock > Caer Ibormeith > Chronique LP / Flesh and blood


caer_ibormeith_flesh_and_blood.jpg La chair et le sang, fresque historique barbare, sanglante et viscérale signée Paul Verhoeven (réalisateur quelques années plus tard du sulfureux Basic Instinct) a-t-il inspiré l'album de Caer Ibormeith ? A en lire le titre, peut-être, à en décrypter le contenu musical, sans doute pas. Car dès l'intro "Deepness" puis "The ocean road", le trio frenchy affiche un visage plus orienté prog-rock aux tendances pop que metal extrème. "Life goes on", ses mélodies pop-prog particulièrement soignées, ses guitares solides et classieuses, le groupe n'invente rien, cède parfois à quelques facilités un peu "mellow" mais dans l'ensemble, le tout se laisse écouter sans déplaisir, d'autant que la production est plutôt à la hauteur.
Un peu trop radiophonique, la musique de Caer Ibormeith a, comme diraient certains, le défaut de sa qualité. A savoir que si elle est très facile d'accès, elle patît du fait qu'une foule de groupes soient passés avant pour emprunter les mêmes sillons qu'elle ("Just animals"). C'est au moment où l'on dresse se constat que le groupe passe la vitesse supérieure en insérant quelques plans émo-pop à son rock prog (le très bon "Children of the day", l'éponyme "Flesh and blood"), lui donnant ainsi plus de finesse mélodique et de subtilités instrumentales. On se dit alors que ce qui manque à Flesh and blood, c'est un soupçon de rage, de rugosité plus métallique qui donnerait un peu plus de force et d'impact à cet album : c'est justement le moment qu'à choisi le groupe pour sortir un brelan d'as de sa manche avec le ravageur "Neap". Alternance chant clair/hurlement postcore, guitares qui serpentent le long de rythmiques ultra-carrées, break efficace, mélodies entêtants livre assurément son meilleur morceau. Et les Caer Ibormeith d'enchaîner avec le plus acoustique et gracile "To the unknown", une ballade pop-prog sur laquelle viennent se greffer quelques soli de gratte plutôt efficace, même si au final, la mélodie "marshmallow" vient alourdir l'addition. De part son passif death prog, le groupe avait déjà démontrer sa capacité à faire parler la poudre par le biais d'instrumentations solides et puissantes, il le fait de nouveaux ici (mais en gardant le pied sur la sourdine) sur "No surrender", titre purement prog où le trio allonge son format (plus de sept minutes) pour développer ses atmosphères, délicates et fouillées ("Sheltered"). Malgré quelques clichés un peu convenus, Flesh and blood est une réussite plus qu'honorable, d'autant que sur une scène hexagonale s'aventurant rarement (ou avec infiniment peu de réussite) sur les territoires progressifs, Caer Ibormeith sort allègrement du lot.

aureliO
Janvier 2008


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