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Lullaby > Chronique EP / Duality
Après un premier EP éponyme il y a un an et demi, les prometteurs Lullaby refont parler d'eux avec Duality, un deuxième mini-album composé de 4 titres dont la vocation principale est de, sans nul doute, préparer le passage à l'étape suivante : le long-format, en s'assurant que la surprise de l'essai inaugural n'était pas un feu de paille. Les dijonnais s'appliquent à rassurer leur auditoire dès les premières secondes de "No mercy". Entre Biffy Clyro, Muse, Radiohead et les Foo Fighters, voire même par instants Placebo, Lullaby livre un titre ultra-mélodique, facile d'accès, particulièrement bien troussé et aussi puissant qu'efficace. Mention spéciale au final, aux tendances post-rock à peine réfrénées qui font de "No mercy", un premier titre mélangeant avec beaucoup de goût, influences de marque et véritable personnalité musicale. Faire du rock indé, chanté en anglais en revendiquant haut et fort les influences de groupes majeurs est, à double-tranchant. Car, le genre est ultra-balisé, des dizaines de groupes encore jeunes et autoproduit cherchent à sortir du lot en usant des mêmes artificies (du moins en apparence) et il est bien difficile de se faire une place au soleil, mais si réussite il y a, elle est toute de suite bien plus éclatante.
Lullaby n'en est pas encore tout à fait là, mais "Great escape" démontre que ses qualités entrevues précedemment ne doivent rien au hasard et que le groupe fait preuve d'un véritable savoir-faire pour composer des titres catchy à souhait, des tubes aux riffs rock acérés et mélodies affirmées. A ce titre "You lie", pratique un réjouissant mélange des genres, entre fulgurances post-rock progressives et plans plus classiquement power-pop (idéal pour les radio indépendantes soit-dit en passant), avec un souci permanent ce détail qui tue. Un duo basse/batterie qui ne cherche pas à en mettre plein la vue mais plutôt à la jouer humble et efficace, pendant que la guitare s'embrase en envoyant les décibels et que le chanteur, au timbre de voix assez particulier, se charge de parachever le travail. 3 premiers titres qui ne laissent aucun doute sur les qualités intrinsèques du groupe et voilà que Lullaby repousse ses propres limites sur "Hark back" qui évoque par instants le chant de Brian Molko (Placebo). Une mélodie qui vient instantanément se greffer dans notre mémoire, des instrumentations particulièrement soignées et toujours une maîtrise de tous les instants. Seulement 4 titres à écouter en boucle pour Duality, mais un avant-goût extrèmement prometteur ce que pourrait être l'avenir du groupe. Alors, à quand la suite ?..
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