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rock Rock > Dona Confuse > Chronique LP / Broken silver cigarette in Tristan Da Cunha

Dona Confuse
LP : Broken silver cigarette in Tristan Da Cunha
Label : Lacrymal Records
lacrymalrecords.com
Style : Electro/ trip-hop/ rock
Date de sortie : 07/05/2007
Sandy Point
Velocity
Coliseum Harmonium
Camomille
Surprise et Muette
Texas Valium
Luminosa
Clouds Draw Figures
Linear Caravel
Marquise
Piano Préparé

dona_confuse_broken_silver_cigarette_in_tristan_da_cunha.jpg Dona Confuse a fait les choses en grand, digipack soigné, sobre, un titre assez nébuleux : Broken silver cigarette in Tristan Da Cunha et a signé chez l'excellent label toulousain Lacrymal Records (Cellscape, I Pilot Daemon...). En clair, Dona Confuse a tout pour attiser le regard ou du moins l'ouïe des mélomanes avertis... surtout que le groupe a poussé le concept jusqu'à mettre ladite "silver" cigarette avec son CD. Classe, surtout pour les non-fumeurs... (sic). Mais ce qui est surtout classe, c'est avant tout le contenu musical de cet album et le soin que le groupe y a apporté. Un arrangement synthétique et barré pour démarrer, un riff et des instrumentations évoquant les Deftones, "Sandy Point" débute sous les meilleurs auspices. Mélodies fiévreuses, ambiances contonneuses à la Team Sleep, fulgurances rock (presque post-rock à la manière d'un Sigur Ros par moments), assauts de guitares à peine contenus, l'émo-rock alternatif aux tendances éléctro de Dona Confuse séduit son auditoire avec une aisance confondante. Un coup d'épée dans l'eau ou l'avènement d'un groupe au talent incomparable ? A ce moment-là, il est encore difficile de se prononcer et les toulousains le savent parfaitement, alors ils enchaînent sans se retourner sur leur chemin. Avec "Velocity", sa mélodie intemporelle et ses instrumentations graciles, puis "Coliseum harmonium", morceau trip-rock évanescent à la Team Sleep ou Massive Attack, élargissant son spectre musical dans des sphères ambient/rock stratosphériques. Contemplatif, éthéré et envoûtant. Plus (post)métallique, le très beau "Camomille" durcit le traît, fait parler la puissance à la manière d'un Pelican sous Prozac, mais impressionne par sa faculté à mêler les genres dans un semble parfaitement homogène et à l'intensité mélodique rare... Fourmillant de subtilité et de détails savamment dissimulés sous d'épais volutes de fumée, la musique de Dona Confuse transpire cette élégance rare qui fait l'apanage des grands. A travers la première partie douceureuse et feutrée de "Surprise et muette" et son final plus remuant, rageur, intense et majestueux, les natifs de la ville rose démontrent l'étendue de leur palette artistique et prouvent qu'ils savent déjà tout faire, avec une facilité déconcertante. Magnifique. Si beaucoup se sont inclinés devant le supposé très beau "Texas valium", il est étonnant de constater à quel point ce morceau-là est sans doute le moins réussi de l'album. Nébuleux, opaque par instants, bercé par des nappes synthétiques qui ont vocation d'hypnotiser l'auditeur, le morceau réussi surtout à l'anesthésier. Après ces quelques instants de narcolepsie inattendue, Dona Confuse remet les gaz sur le puissant "Luminosa". Des riffs qui claquent dans les enceintes, une saturation qui épouse parfaitement le chant très "Chino Moreno-like" et les toulousains accouchent d'un tube metal/rock alternatif à la Deftones. Et au petit jeu de la comparaison, les français s'en sortent avec les honneurs. Un "Clouds draw figures" lunatique plus tard, puis "Linear caravel" et ses instrumentations lunaires possédées par un final métallique ravageur, Dona Confuse conclue son {{Broken silver cigarette in Tristan Da Cunha]] sur le très classe "Marquise". Un titre fourmillant de détails éléctro-rock qui referme magnifiquement l'album ou tout du moins sa partie "non-expérimentale". Car au petit jeu de "quand il n'y a plus de surprise, il y en a encore", le groupe se fend d'une composition expérimentalo-bruitiste free-jazz longue d'une vingtaine de minutes et qui ne manquera pas de dérouter même les plus fervents inconditionnels du groupe. Une vraie fausse en conclusion en trompe-l'oeil, étrange, voire déstabilisante, mais qui n'enlève rien à la qualité d'un album ténébreux, fouillé et en tous points remarquable. Difficilemment dispensable donc.

aureliO
Décembre 2007
mis à jour Avril 2008


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