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Junkyard Birds > Chronique LP / The fuck album
The fuck album, avec un titre pareil, mieux vaut assurer le coup au risque de passer un manche incapable de concrétiser l'attente suscitée par un titre et une bio qui a tout pour dégoupiller la scène metal/stoner/garage rock hexagonale. Mais après quelques secondes d'un premier titre punky à souhait ("No fuck tonight"), branché sur 10 000 volts et exécuté avec l'expérience d'un groupe aguerri par des dizaines de concerts et l'efficacité des grosses cylindrées types The Hellacopters ou Turbonegro, on est rapidement rassurés pour eux. C'est speedé à mort, enlevé sans en mettre une miette à côté et ça fait du bien par où ça passe. Pas calmé par une mise en branle brûlante à souhait, Junkyard Birds enchaîne sur le même tempo ("She's a witch"), mais en rajoute des décibels en plus. Plus de puissance = plus d'efficacité chez les natifs de la patrie du foie gras. Au niveau graisse, on s'y retrouve également avec un titre power-rock qui rentre dans le lard en y allant gaiment. 3e acte : avec "Le grand cornu", le groupe ralenti le rythme et alourdi le texte en balançant des riffs pachydermiques très métalliques et qui donne une connotation plus heavy à The fuck album. Au niveau du chant également, la musique des gersois s'enracinent dans un metal/rock sans fioritures et monstrueusement bien gâté par la nature.
Rythmiques de mammouth, ligne de grattes ultra-saturées qui karcherisent les cages au miel pour paraphraser l'expression célèbre d'un grand penseur français du XXIe siècle (sic), le combo envoie du petit bois et enfonce encore le clou sur une 4e piste de l'album virant carrément métal ("Tales from San Francisco"). Car pour le retour au rock pur et dur, il faut attendre l'éléctrique morceau suivant, au titre très poétique ("Nothing's better than a good fuck in the wild"). En live, Junkyard Birds avoue vivre chaque concert comme si c'était le dernier. C'est cette impression qui prédomine à l'écoute d'un titre court, compact et virilement engagé sur l'autoroute du rock'n roll qui mènera au but final : le riff ultime. Basique mais jouissif. Pour le moment, et pour la rafale de titres restants (dont le très bon "The more you fuck..." et toujours cette élégance rare dans le propos), c'est à coup de grattes sulfureuses façon Fu Manchu et de basse joyeusement bourdonnante lointainement inspirée des maîtres es-stoner Kyussiens, que le groupe cueille une série de titres salaces, très bruts de décoffrages, groovy, catchy et maîtrisés à merveille. Des compos suffisamment variées dans leur approche de l'essence du rock pour ne jamais nous lâcher en route. Avec The fuck album, Junkyard Birds assume l'effet d'annonce, met les couilles sur la table et se vide les trippes au travers d'un album solide et racé, certes pas exempt de défauts, mais à la fois inspiré, foutrement burné et terriblement éléctrisant.
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