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Monkey3 > Chronique LP / Monkey3
Le riff massif, lourd et imposant, le rock instrumental de Monkey 3 est, au premier abord, à l'image du grand singe de 9 mètres de haut qui truste les écrans de cinéma français en cette fin d'année. Et pourtant, en y réfléchissant bien et en découvrant les sonorités planantes et les structures complexes qui contrebalancent le côté rock/ stoner, on lorgnerait plus du côté de l'Armée des 12 Singes plutôt que du côté de King Kong, pour continuer dans la métaphore cinématographique. Alors que l'on s'attend à du gros stoner/ heavy rock instrumental typé usine à riffs caniculaires façon Karma to Burn, Monkey3 livre des morceaux à double face. La première, effectivement taillée à la main dans les cayons du désert californien, l'autre plus hypnotique et planante. Ainsi des titres tels quels "Last gamuzao" ou "Bimbo" sont ils à la fois solidement rock et en même temps atmosphériquement légers. A la fois terrien et aérien, mais toujours d'une maîtrise formelle hallucinante. Etonnant.
Cette aisance technique, les suisses s'en servent pour justement se concentrer sur une tâche plus délicate, à savoir, rendre accessible une musique qui ne l'est pas forcément pour tout le monde, la preuve, le très difficile parcours de Karma to Burn au sein de l'industrie du disque. Les Monkey3 sont-ils supérieurs à leurs prédécesseurs, ou sont-ils arrivés sur la scène rock au moment où l'instrumental exclusif n'était plus forcément réservée à une élite ? Un peu des deux sans doute. Si les structures sont complexes et les riffs virtuoses ("Electric mistress"), le trio suisse, en usant d'un songwriting raffiné et de mélodies instrumentales particulièrement accrocheuses, parvient à rendre sa musique attirante, à tel point que l'on en oublierait presque l'absence de chanteur. Le secret de Monkey3, c'est également de savoir instaurer des ambiances apaisantes à la Pharaoh Overlord ("Chillao", "35007"), parsemées de riffs organiques, millimétrés et ultra addictifs.
Alors que l'on s'imaginerait presque en rester là, il faut que les suisses se sentent obligés d'en rajouter une couche avec le hit ultime qu'est "Narcotic jam", un morceau où le groupe développe au nanomètre près, un rock toujours exclusivement instrumental et pourtant brillant à tous points de vue. Progressif, le stoner rock de Monkey3 s'il est dynamique, semble évoluer de lui-même au fil des écoutes successives que s'imposera l'auditeur afin de saisir toutes les subtilités de cet album éponyme. Hors norme. D'autant que l'on ne semble pas pouvoir se lasser de ces huit titres qui, riffs après riffs, construisent un ensemble cohérent et fascinant. Plus qu'une architecture rock, un véritable travail d'orfèvre scindé en huit, ou plutôt neuf mouvements, puisque non contents d'innover, les suisses rendent hommage à l'un des groupes qui les ont inspiré à l'occasion d'une reprise des Melvins longue de plus de 13'30. En un mot : magistrale, à l'image de ce qui n'est que le premier album du trio suisse. Désormais, on est prévenu, s'il ne doit y avoir qu'un seul groupe de rock instrumental à surveiller, ce sera Monkey3.
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[-] Re: Monkey 3
aureliO - 3786 msg
Terrier : à gauche à fond du couloir
pour tous les amateurs du rock instrumental, de stoner et de rock en général, c'est une vraie bombe...!
la claque de cette fin d'année...
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