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Archive > Interview / fouillons les Archive (juin 2002)
Ce midi, il y a la demi-finale du mondial de foot (Brésil-Turquie) mais aussi une rencontre programmée avec Archive, le Zenith se prépare à les recevoir et si sur la scène, les techniciens s'activent, dans les loges, c'est plutôt calme, des reviews britonnes traînent sur la table, la télé est branchée, les places assises dans le canapé valent cher ! C'est dans une pièce contigüe que les trois membres "importants" d'Archive vont sagement répondre à mes questions. Sagement jusqu'à ce que la conversation dévie sur le football et le drame de l'équipe de France puis des exclamations dans le hall "télé", comme un seul homme, le trio se jette dans l'autre pièce, mais non, on est toujours à 0-0 ! Voilà l'interview (en partie puisque mon micro a pas mal déconné...)

Archive : Lille
Danny : Hum... le troisième ou le premier ? C'est un peu génant comme question... Disons qu'à chaque fois qu'on sort quelque chose, on a l'impression que c'est notre premier album. C'est à chaque fois quelque chose de différent.
Et désormais, vous pensez être un trio ou toujours un duo accompagné d'amis musiciens ?
Darius : Un trio ! Et on ne compte pas revenir en arrière !
Craig : Oui, on forme un bon trio maintenant.
Vous avez douté durant l'enregistrement de cet album ? Surtout après l'échec relatif de vos premiers disques...
Danny : Le processus d'enregistrement a été différent des albums précédents...
Vous avez toujours cru en vous ?
Danny : Oui, bien sûr.
Darius : On était tranquille pour enregistrer cet album, on l'a fait tout seul, on n'avait peur de rien.
Craig : On a passé énormément de temps en studio pour bien faire le choses, on n'avait aucune contrainte extérieur, c'était très agréable de travailler dans ces conditions.
Votre musique est un peu "risquée", ce n'est pas ce à quoi on est habitué...
Craig : On ne savait pas ce qui sortirait sur l'album et même si ça sortirait alors on n'a vraiment pas pensé à tout ça. On a fait ce qu'on aimait faire sans se soucier de l'avenir de ce qu'on enregistrait, on a laissé parler nos influences tous ensemble et voilà.
Vous lisez les critiques sur votre travail ?
Danny : On ne parle pas français ! On aimerait bien...
(rires) oui, mais ce qui est paru en anglais ?
Danny : Dans l'ensemble on a été assez bien accueilli
Craig : Que pense de nous la presse française ?
Ce que j'ai lu était plutôt élogieux, pratiquement tout le monde vous compare à Pink Floyd...
Craig : oui, ça revient souvent
Vous prennez ça comme un compliment
Darius : Oh oui !
Ca ne vous énerve pas un peu à la fin ?
Craig : Il faut bien comprendre qu'il n'y a pas des tonnes de groupes qui comme les Floyd ont mis des éléments atmosphériques dans leur musique.
[NDO : pas évident de traduire, en anglais ça donnait "put space in their music" et Darius a enchaîné en déconnant sur l'ambiguïté "put space" // "put spice" (espace/épice) ... puis Danny lui a lancé un "space man" qui n'a rien arrangé à la poursuite sérieuse de la réponse !]
Mais on adore ce que fait
Un autre nom qui revient, c'est Radiohead, pour le chant sur les titres plus pop...
Craig : Je suis un peu moins d'accord, là, je crois que c'est plus parce que Radiohead est la référence absolue actuellement en terme de pop, je ne chante pas vraiment dans le même état d'esprit.

Archive : Lille
Danny : C'est certainement du à mon background musical, j'apprécie les musiques électroniques et les rythmes binaires trés répétitifs viennent de là, au-dessus de ça, Craig a placé un chant qui lui correspond davantage.
Pour moi, c'est comme si vous vouliez dissocier l'esprit du corps ?
Danny : Oui, c'est très intéressant, c'est une façon de voir les choses.
Vous avez d'autres dates prévues en France, notamment dans des festivals, vous aimez la France ?
Danny : Oh oui, on est déjà venu jouer ici assez souvent, notamment aprés Take my head, on avait fait une petite tournée. Là, on a déjà fait des shows pour la télé et la radio à Paris, on a d'autres concerts de prévus, c'est très agréable de jouer ici.
Et comment réagit le public quand vous jouez "Again" qui dure plus de 15 minutes ?
Craig : Ca dépend, y'en a qui sont à fond dans le truc et d'autres qui vont pisser ! (rires)
Danny : C'est un titre très puissant et on aime bien le jouer et voir comment le public vit ça, c'est assez révélateur.
Ce soir, vous ouvrez pour Travis, c'est un challenge pour vous de jouer avant un groupe pop assez conventionnel ?
Danny : C'est clair, le public qui vient pour Travis n'est pas exactement le même que le nôtre, c'est à nous de faire apprécier notre musique et de piquer des fans à Travis !
Craig : Travis est bien connu ici ?
Oui, c'est considéré comme un poids lourd de la pop anglaise, leur nouvel album a fait un carton et la plupart des gens seront là pour eux ce soir. Ils sont déjà bien installés, alors que j'ai l'impression qu'Archive a beaucoup de nouveaux fans qui vous découvrent juste...
Est-ce qu'enfin vous pouvez nous rassurer et me dire "on ne va pas splitter" ?
(rires) Danny : On est très contents de ce que nous faisons aujourd'hui, alors non, nous n'allons pas nous séparer !
Ce soir ce sont Archive et Travis qui sont à l'affiche de "Le Festival" (7 concerts en 3 jours mais ça s'appelle quand même "festival"...). Première constatation : malgré le matraquage de Travis sur les radios et les télés, il n'y a personne ! Le contraste avec SOAD le mois dernier est saisissant ! Du Zenith il n'y a que la fosse et quelques sièges "d'ouverts", les gradins sont fermés, il devait donc y avoir à peine 2.000 personnes... Chacun sait que j'adore You all look the same to me mais j'avais une petite appréhension avant ce concert, le passé trip hop du combo ne va pas l'emporter sur scène et endormir tout le monde ? Et bien non ! Le set des britanniques en costards noirs est très rock'n'roll ! Il commence avec une version courte de "Again", Craig, le chanteur irlandais s'efface quand il n'a pas à chanter et laisse la place à un guitariste très à l'aise et qui s'en donne à coeur joie pour lâcher des riffs électrisants. Les deux penseurs du collectif se font face, encadrent le groupe chacun de leur côté, lui donnent une cohésion... C'est à un mètre de son micro que Craig commence à chanter "Numb", impresionnant puis ébouriffant... Suit un "Goodbye" pour calmer le jeu puis d'autres titres plus ou moins épileptiques... Mais Archive n'est là que pour ouvrir et les 45 minutes passent très vites, c'est la boîte à rythmes qui lance "Finding it so hard" avant que le batteur ne reprenne son service pour une fin de titre et de concert totalement chaotique, larsens provoqués et synthés explosés terminent de convaincre la partie du public qui ne l'était pas encore...
Merci à Archive, Laure et Véronique @ East West ;o)
Photos © Oli
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