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rock Rock > Heat from a DeadStar > Chronique EP / Lighten our minds

heat_from_a_deadstar_artworkUn artwork volontairement flou, les lumières de la ville, scintillantes et hypnotiques, les lumières d'une cité plongée peu à peu dans un clair/obscur qui évoque l'atmosphère du film Collateral de Michael Mann. C'est à ce moment là, dans une ambiance fantomatique et nébuleuse, que débute "Dyslexics", premier titre de Lighten our minds. Quelque part entre Godspeed You! Black Emperor et le math rock technique de Hella, on pénètre, pas à pas, dans l'univers musical exigeant et déroutant de Heat From a DeadStar. Aux confins du shoegazing, le son de ce trio londonien est inimitable, sa musique se révèle d'une maturité étonnante.
A la fois heavy, aérien et urgent, un titre tel que "Scarlet eagles" en déconcertera certains, en perdra sans aucun doute beaucoup en route, mais les autres, ceux qui auront accroché le wagon de Heat From a DeadStar, ne seront pas déçus par ce rock expérimental, exclusivement instrumental et indéniablement innovant. On pourra discerner ci et là une lointaine filiation entre le son des londoniens et le rock noisy des mythiques new-yorkais de Sonic Youth, la musique de Heat From a DeadStar possède sa personnalité propre. Originale et racée. Sombre, dissonant, inquiétant, le labyrinthe sonore de "Black swans" intrigue, repousse, avant de faire valoir son pouvoir d'attraction. Telle est la musique du trio londonien, au premier abord, on hésite à y poser une oreille, avant de finalement plonger dans leur univers musical si particulier.
Expérimentale, la musique de Lighten our minds se veut déroutante et complexe, on sent continuellement que le groupe a fait un effort tout particulier sur les rythmiques ; et si les structures sont inhabituelles et difficiles à cerner avec précision ("Being less than being"), l'énergie que met le groupe dans sa musique est incontestable ("Downhearted").
Heat From a DeadStar a fantasmé son album comme un voyage sans but, une errance solitaire jusqu'au bout de la nuit, qui se conclue avec "From nowhere to nowhere". Où sommes-nous, que s'est-il passé exactement ? On ressort de cet album un peu perdu, d'autant que le trio anglais ne daignera pas nous offrir la réponse, le groupe ne cherchant ici à nous faire comprendre qu'une seule chose, que l'on a vécu une expérience sonore étonnante et fascinante. A suivre...

aureliO
Novembre 2005
mis à jour Mai 2008


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