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Girls against boys > Interview / Interview Girls vs Boys
Il fait froid mardi soir à Lille alors rien de tel pour se réchauffer qu'un bon concert de rock'n'roll... L'aéronef dans sa nouvelle disposition (très critiquable !) reçoit les New Yorkais accompagnés de leurs concitoyens d'Interpol. La salle est plutôt bien remplie pour un soir de semaine (5-600 personnes ?) et c'est assez calmement que commence le concert... L'intensité augmentera progressivement, le temps à l'atmosphère de se densifier, à nos oreilles de s'habituer aux deux sons de basse... La femme d'Eli (guitare/basse/clavier) devant accoucher, il est resté aux Etats-Unis et a été remplacé par un ami qui ne joue pas de guitare, juste de la basse et quelques passages de clavier, ce sont donc essentiellement Scott (chant, guitare) et Johnny (basse) qui tiennent la scène. Ils s'en accomodent fort bien, Scott lâche quelques mots en français et répète inlassablement "merci beaucoup" avec un accent très marqué... Juste devant la scène, le son n'est pas excellent mais à quelques mètres, il en est tout autrement, la puissance de la basse est un régal (pour le bassiste que je suis) et plus le temps avance, plus le concert est bon, le set se termine par un terrible "All the rage" et le fracassage sonique de "Let me come back", mais malgré le rappel, le groupe ne reviendra pas sur scène.
15 minutes plus tard, on doit rejoindre le groupe dans les loges, les gars sont en fait en train de ranger leur matos, leur tâche accomplie, Scott nous emmène à l'étage, on s'installe et la discussion commence, une sorte de triple interview (avec RCV et Nameless) dont voici une partie...
Le nouvel album est souvent vu comme un retour au rock après un album teinté d'électronique, c'était un choix délibéré ?
On a toujours aimé les sons électroniques et en 1998, on s'est dit "essayons d'en mettre dans notre musique, faisons un disque plus électronique". Pour nous chaque album est différent, on ne pense pas qu'il faut une continuité, c'était un album comme ça, une expérience. Ca fait maintenant 4 ans, c'était un truc que le groupe pouvait faire, c'était un style, et ça n'a rien à voir avec le fait qu'il soit sur une major, Geffen a même du être horrifié en l'entendant ! Sur le nouvel album, on a toujours quelques idées électroniques mais on l'a enregistré de manière bien plus organique. Ca sonne plus comme du live que comme du studio, il y a toujours des touches électroniques mais elles sont jouées par des instruments, ça sonne live. On a enregistré un album de rock, très organique, la guitare a remplacé les claviers.
Johnny : On a décidé avant l'enregistrement qu'on ne ferait pas un album chargé d'électronique.
Et déjà en live, "Freak*on*ica" sonnait beaucoup moins électro, les compos étaient très rock en concert. Quand tu es dans un groupe, je pense que c'est important d'essayer de changer les choses, même si tu te plantes, il faut essayer des trucs différents, on ne veut pas refaire "House of GVSB" tous les ans, on a voulu mettre de l'électronique sur le précédent pour savoir ce qui allait se passer, voir si on allait y arriver... Là, on est revenu aux bases du rock'n'roll, quelque chose de très simple, plus proche de ce que nous sommes. Ca faisait 4 ans qu'on avait pas enregistré, on n'avait plus de label, on se foutait pas mal de savoir comment évoluer notre musique.
J : Et quand on a enregistré, on était vraiment préssé, ça nous manquait...
Qu'est-ce que vous ne pouvez pas combattre ? (NDO : l'album s'intitule You can't fight what you can't see)
Il y a plein de choses qu'on ne peut pas combattre, le titre de l'album m'est venu comme ça, c'est juste une phrase qui nous plaisait... Par exemple il est difficile de s'opposer à la politique américaine actuelle qui est justifiée par des actes terroristes. Depuis les attentats du 11 septembre, la politique de Bush joue sur la paranoïa pour devenir ultra sécuritaire. Ils utilisent la peur des gens pour tout surveiller et c'est très dangereux...
Est-ce que c'est bien d'être une star du rock'n'oll ? (NDO : c'est un de leurs refrains)
Ce n'est pas mal ! Cette chanson est typique de notre style de paroles, à mon avis c'est l'amitié entre les différents membres d'un groupe qui fait que le groupe survit, dans la chanson, il y a un peu d'humour noir aussi, quand j'étais plus jeune, je rêvais d'être une star et la chanson parle de ça, de ce que tu espères, du fait d'être dans un groupe de rock'n'roll, mais la chanson n'est pas négative, elle est plutôt humouristique.
Vous avez signé chez Jade Tree, un petit label, quels sont les avantages par rapport à la major Geffen ?

Girls against Boys : Lille 2002
Pourquoi avoir signé chez eux ?
Après avoir quitté Geffen, Jade Tree nous voulait vraiment, ils nous appelaient tout le temps, c'est un jeune label... Après avoir vécu l'expérience Geffen, on voulait un truc qui soit proche de nous, qui se foutait pas mal du nombre d'albums qu'on vendrait, on voulait aller en studio "maintenant" et enregistrer un nouvel album, on ne voulait pas rencontrer et discuter des tonnes de producteurs et de labels, on voulait juste enregistrer, pas parler de business. La vie d'un groupe connaît des hauts et des bas, quand tu es en haut, c'est sympa de parler business "super on vend des albums là-bas, hey, on a un nouveau deal ici..." mais là, on voulait juste avoir notre album et revenir à la musique. Jade Tree est jeune, enthousiaste, ouvert sur différents groupes dont pas mal d'emo-core, différents sons. C'est un endroit où on voulait être parce que c'est un label qui va nous faire grandir.
Jonah Matranga (Onelinedrawing, New End Original) est aussi sur ce label, vous le connaissez ?
Non, pas personnellement. On connaît les gens de Jade Tree mais pas les groupes directement, on ne connaît que très peu ces groupes, on n'est pas de la même famille musicale...

Girls Against Boys : Lille 2002
Et puis, on est beaucoup plus vieux qu'eux (rires). C'est très excitant d'être là, à Jade Tree, avec plein de bons groupes, mais aussi de savoir que ce label est distribué au Japon, ce qui n'était pas le cas avec Touch & Go.
J : Et en France, c'est Vicious Circle qui s'en occupe, c'est très bien, les gens sont plus impliqués, quand on était chez Geffen, les mecs de Los Angeles régentaient tout et c'était à chaque bureau national, en France, en Belgique... de travailler en local mais eux avaient d'autres choses à faire, d'autres groupes à mettre en avant, pour la première fois, on arrive dans des pays où les gens s'intéressent vraiment à nous.
Vous êtes en tournée en France grâce à eux ?
Moitié moitié, on a aussi rendu cette tounée possible, on a un tourneur qui s'occupe de ça, nous, on ne s'occupe de rien, on vient juste là pour faire de la musique. Mais toute la promo est assurée par Vicious Circle et ça nous aide forcément... Et ils nous appellent tous les jours "vous devez jouer plus ici !", on aime bien la France, c'est un pays où il ferait bon jouer 30 jours durant.
Et tu parles un peu français...
(rires) [en français] Un peu, mais c'est difficile parce que ... c'est difficile ! (rires) Ma femme est française...
Et vous avez le temps de visiter un peu ?
Pas autant qu'on voudrait ! Hier, on avait un day-off donc on pu se promener un peu, c'est la quatrième fois qu'on joue à Lille et c'est la première fois que je marche dans le centre ville, c'est une très belle ville ! On a pu boire des verres dans un café, c'est vraiment cool. C'est la septième tournée en Europe et on profite à chaque fois au maximum de nos day off, mais toujours pas autant qu'on aimerait.
Vous partagez cette tounée avec Interpol et ils sont devenus tête d'affiche en cours de route ?
On n'a que les dates françaises avec Interpol et en fait, on a fait moitié-moitié. On va être tête d'affiche à Dijon et Strasbourg... C'est marrant parce que quand on a monté la tournée, ils étaient très peu connus, et puis ils ont vendu 20.000 albums en quelques semaines et là, on s'est dit "on ferait mieux de jouer avant eux". On préfère jouer avant eux que de voir les gens partir pendant notre concert ! Honnêtement, pendant nos concerts, personne ne quittent la salle ! (rires)
J : Beaucoup de gens se plaignent de ça mais peu importe, on joue quand même !
Merci à G vs B, Géraldine @ Vicious Circle, Danièle @ l'Aéronef, Dave, coucou à (une partie de) la team Nameless & à JC @ RCV.
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